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VINCERE
 
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VINCERE

Filippo Timi , Marco Bellocchio    Tous publics   DVD
4.2 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (6 commentaires client)
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Détails sur le produit

  • Acteurs : Filippo Timi, Giovanna Mezzogiorno
  • Réalisateurs : Marco Bellocchio
  • Format : Couleur, Plein écran, Cinémascope, PAL
  • Langue : Italien
  • Sous-titres : Français
  • Région : Région 2 (Ce DVD ne pourra probablement pas être visualisé en dehors de l'Europe. Plus d'informations sur les formats DVD/Blu-ray.).
  • Rapport de forme : 1.85:1
  • Nombre de disques : 1
  • Studio : MK2
  • Date de sortie du DVD : 20 mai 2010
  • Durée : 119 minutes
  • Moyenne des commentaires client : 4.2 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (6 commentaires client)
  • ASIN: B0038MYNT6
  • Classement des meilleures ventes d'Amazon: 5.143 en DVD & Blu-ray (Voir les 100 premiers en DVD & Blu-ray)
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Préface de Jacques Mandelbaum (6')
"Mussolini, secret de famille" : documentaire sur la vie cachée du Duce et qui a inspiré le film (52')
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Descriptions du produit

Description du produit

Dans la vie de Mussolini, il y a un lourd secret que lHistoire officielle ne raconte pas : une femme, Ida Dalser, et un enfant, Benito Albino tous deux désavoués. Seule face au monstre fasciste, Ida ne cessera jamais de lutter pour sa leur reconnaissance en clamant haut et fort la vérité.

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14 internautes sur 17 ont trouvé ce commentaire utile 
Par zybine, amateur éclairé TOP 100 COMMENTATEURS
Format:DVD
Ce Vincere confirme l'étonnant talent du vétéran Marco Bellocchio (né en 1939) pour traiter avec subtilité les sujets transalpins les plus délicats - et ceci avec une retenue et une sensibilité qu'on ne lui aurait pas prêtées il y a trente ans.
Je suis de ceux qui regrettent même que Vincere n'ait pas reçu la Palme d'Or à Cannes 2009 pour cet admirable « Mussolini in love », comme l'avait baptisé un peu hâtivement la critique. En réalité, le sujet est plus complexe : il n'est pas ici question de faire un portrait du Duce en jeune homme mais d'observer un couple porté à incandescence par la passion amoureuse se détruire - et de pleurer la misère de la femme abandonnée.
La première partie du film est admirable de lyrisme, de sensualité et de précision historique. Un cadre politique intelligemment présenté (la vie des révolutionnaires du début du siècle, les revues où ils écrivent, les partis dont ils tentent de prendre le pouvoir) sert de toile de fond à la naissance d'une passion qui conduit Mussolini à épouser, malgré un autre engagement, Ida Dalser et à lui donner un fils. Dans la seconde partie, devenu un politicien proéminent en quête de respectabilité, Mussolini répudie Ida puis la condamne à l'emprisonnement en structure psychiatrique quand, elle, ne cesse de hurler au monde leur amour. Tout invitait aux outrances (l'innocente soumise à l'arbitraire d'Etat, le séjour chez les fous) et Bellocchio retrouve les vertus de Bolognini ou de Visconti pour souligner avec force et délicatesse à la fois les exactions du régime fasciste (subtilité de l'expropriation puis de l'ostracisme des Dalser, richesse de la relation qui unit Ida à son psychiatre, beauté des échappées oniriques...).
La mise en scène, recherchée et élégante, fournit un bel écrin à la composition inouïe de Giovanna Mezzogiorno, aussi brûlante que la Adjani de Adèle H.
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8 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile 
Par freddiefreejazz TOP 500 COMMENTATEURS
Format:DVD
Disons-le de suite, Vincere n'est pas un film au dessus de toute controverse. Son succès retentissant m'a paru somme toute assez surprenant. Par l'étendue et la complexité des problèmes qu'il met en jeu, c'est l'½uvre de Bellocchio la plus ambitieuse, semble-t-il, et donc la moins apte à se voir critiquée... mais justement, pour moi, elle pose problème. En privilégiant les contradictions du socialisme et de ses trahisons (trahisons de certaines valeurs, comme on le voit tout au début), l'autre question fondamentale est comment un homme, Benito Mussolini, socialiste au départ, a pu arriver au pouvoir (de cela, on ne verra pas grand chose, le sujet étant ailleurs), et surtout faire main basse sur son passé, en trahissant et ses valeurs et sa maîtresse. L'on saisit bien, au cours de cette discussion avec celle-ci, son ambition et sa critique de la médiocrité, son insatisfaction permanente, qui le mèneront au pouvoir et aux événements que l'on sait... Est-ce à dire que ce film est éminemment politique? Pas du tout. Ou plutôt, pas vraiment... Ce qu'est amusant, ici, c'est la façon qu'a Bellocchio de filmer cette scène entre les deux amants, et entendre ce type qui se prend au sérieux, se donner des airs de sauveur de la planète, pauvre minable (mais y paraît qu'il y en a encore quelques-uns aujourd'hui...), bref, une sorte de "missionnaire" des temps modernes. Le fascisme à l'italienne était donc né. L'ironie de l'histoire, toujours elle, rendra le personnage plus médiocre encore, et comme le montrent les images d'archives, vraiment ridicule. Cet homme avec de grandes prétentions révolutionnaires s'était trompé de combat. Mais le film ne prend pas vraiment cette direction et c'est un peu frustrant...

Bellocchio choisit finalement un autre angle (filmé de façon classique, toujours - lumières sombres, costumes et voitures d'époque, sobriété dans la mise en scène-), et puis surtout cette manie qu'il a d'insérer des images d'archives (comme dans Buongiorno, notte), c'est très agaçant. Enfin, voilà, maintenant le film se concentre sur les tribulations de la maîtresse, petit à petit elles nous sont dévoilées et l'on peut songer aux affres de l'héroïne du film de Clint Eastwood, L'Echange. Bon, c'est moins larmoyant, mais c'est quasiment la même trame: Bellocchio relate la quête d'une mère pour retrouver et sa dignité et son fils disparu. Le Duce a pris le pouvoir et le fascisme s'est répandu dans tous les foyers. Au delà du contexte politique, la douleur d'une mère donc, qui sera bientôt enfermée dans un asile psychiatrique. Bon, je n'en révélerai pas davantage, mais là où Eastwood a réussi, Bellochio s'est enlisé: Il ne s'agira pas pour moi de refaire le film à sa place ou de lui reprocher de ne pas avoir abordé le rapport entre vie publique et vie privée (même s'il en est un peu question), ni de lui reprocher une certaine fascination pour le personnage de Mussolini. Cet être, on le voit bien sous l'½il de la caméra, le cinéaste l'exècre et nous aussi (un opportuniste avant la première guerre mondiale, un violent, un menteur doublé d'un manipulateur) et quand le fils illégitime devenu étudiant est amené à imiter le Duce, son propre père, après une retransmission publique de celui-ci, il le fait avec talent et beaucoup de douleur, devant un groupe d'étudiants amusés... Non, le problème que m'a posé ce film, c'est son ambition, son côté prétentieux, du style "regardez comme je maîtrise mon art". L'absence de personnage principal (on ne peut dire que ce soit la mère, ni le fils et encore moins le Duce) ne m'a pas permis en outre d'apprécier à sa juste valeur ce film. J'ai dû rater quelque chose, mais de toute façon, je n'ai jamais été fan de ce cinéaste, ou disons qu'il ne m'a jamais ému.

Pour moi, Vincere s'enlise seulement dans une démonstration de cul-de-sac, et toujours en comparaison avec son contemporain, L'Echange de Clint Eastwood, auquel on peut le comparer ou du moins essayer de le rapprocher (même style, film d'époque, même thématique croisée, etc.), Vincere m'apparaît nettement en dessous. Le film de Bellochio m'a paru, malgré sa maîtrise technique irréprochable, plus alambiqué, plus diffus et moins direct que The Changeling... Vincere se fait large, certes, et le regard sur le monde de cette époque est franchement réussi (la reconstitution de l'Italie des années 1910 est à ce point exemplaire) mais l'½uvre ne laisse pas d'autres possibles contrairement à celle de Clint Eastwood dans laquelle, malgré la révélation des faits à la fin du film, l'on est saisi de doute. Ici, la fin du Duce n'est un secret pour personne, mais surtout, même si les interrogations demeurent sur cette liaison, le doute n'est pas permis, l'on sait très bien que les dictatures usaient de leurs privilèges et de leur pouvoir pour effacer le nom de toute personne gênante. Pour moi, il s'agit d'un film dont on a exagéré l'étendue, laquelle se résume à une simple énonciation. Son effet n'a été pour moi que ponctuel et tactique (méfiez-vous des totalitarismes et des hommes, ce qui bien sûr, est digne de louanges) mais le spectateur que je suis s'est senti comme "prisonnier" de ce film. Encore une fois, on ressort sans interrogation même si à la fin les intertitres nous indiquent clairement que l'on n'a pas retrouvé le corps de la maîtresse de Mussolini ni son fils illégitime. Sans parler de cette musique tonitruante et envahissante (déjà dans Buongiorno Notte, c'était flagrant)... Bref, désolé pour les amateurs de ce cinéaste et les autres cinéphiles, mais Vincere est un film qu'on peut ne pas voir.
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10 internautes sur 14 ont trouvé ce commentaire utile 
Bellocchio l'insoumis 21 avril 2010
Par LD COMMENTATEUR DU HALL D'HONNEUR TOP 10 COMMENTATEURS
Format:DVD|Achat authentifié par Amazon
A l'heure où le cinéma transalpin n'en finit pas de renaître de ses cendres mais reste tout de même mal en point - voir les innombrables films toujours plus proches du téléfilm, par l'esthétique autant que par le contenu - Marco Bellocchio fait figure de splendide exception. Non seulement l'âge n'a pas entamé son pouvoir de création, mais il semblerait qu'il le rende aussi sage qu'audacieux, pour des résultats de plus en plus admirables.

Cela fait 45 ans que Bellocchio a jeté son premier pavé dans la mare, et quel pavé! Les Poings dans les poches, ressorti dans les salles il y a peu, était une petite bombe contre la bonne morale bourgeoise catholique et familialiste héritée du fascisme. A noter que ce film n'existe toujours pas en dvd zone 2, mais qu'il existe une excellente édition Criterion en zone 1, sans sous-titres français évidemment (Fists in the Pocket). On sait que par la suite, surtout dans les années 80 et la première moitié des années 90, Bellocchio, "aidé" par une espèce de gourou psychanalytique, s'est de plus en plus laissé aller à des errements qui n'ont pas produit d'oeuvres majeures. Alors qu'on ne l'attendait plus, Bellocchio est revenu, avec les mêmes préoccupations et une colère intacte, mais de plus en plus portées par une analyse nuancée, qu'il a de mieux en mieux réussi à concentrer dans un récit, du plus classique (le très beau et méconnu La Nourrice) au plus baroque et révolté (Le Sourire de ma mère), en passant par un des plus admirables films politiques - au sens le plus large - de ces dernières années, Buongiorno, notte.

Lorsqu'on considère ces quatre films, sans doute les plus réussis de leur auteur avant le dernier, on est immédiatement frappé par la continuité, par la somme que représente Vincere. Absolument tous ses thèmes et ses figures y étaient déjà présents, y compris les images récurrentes (la femme "folle", ou considérée comme telle, perchée dans un arbre ou accrochée à une grille). De la soumission de la femme par la psychiatrie à la nécessité de se confronter à la figure du père, de la collusion des pouvoirs à la nécessité de la lutte à tout prix (au risque de l'aliénation), tout avait déjà été posé. Vincere ne peut être considéré uniquement sous cet angle, et il se suffit bien à lui-même, mais reste que l'on tient là un précipité de tout ce qui fait la singularité de cet auteur qui n'a jamais abdiqué. Resté fidèle à lui-même, il a su évoluer et nuancer sa pensée, raffiner son style, sans pour autant lui ôter sa force. La lecture psychanalytique 'simple' que l'on peut avoir de ses films, sans être invalidée, s'accommode parfaitement d'une matière de plus en plus complexe. Ses derniers films sont, en tant que films mais aussi pour ces raisons, d'autant plus admirables.

A quoi s'attendre? Au vu du synopsis, la question serait plutôt à quoi ne pas s'attendre. Il ne faut pas rechercher un "biopic" (= film biographique): ce film n'est pas plus un film sur Mussolini qu'il ne retrace son ascension et sa chute. Il ne s'agit pas d'une fresque historique, le film étant concentré sur ses quelques personnages et de toute façon réalisé avec assez peu de moyens (palliés par l'invention de la mise en scène). Il ne s'agit pas d'un film politique au sens le plus strict du terme, même s'il l'est évidemment car il examine en profondeur la nature du fascisme via certaines de ses pratiques et de ses représentations. Il ne s'agit pas non plus d'un mélodrame pur jus. Mais Vincere est en fait tout cela à la fois et encore autre chose, car par sa forme il excède toutes les étiquettes et sait tour à tour montrer, évoquer, susciter, suggérer. Il repose sur une analogie évidente - Ida Dalser comme l'Italie, séduite puis négligée, malmenée, soumise par le Duce et le régime fasciste - mais finit par développer tellement de métaphores qu'il complexifie à l'envi ce qui pourrait assécher le film en le réduisant. Ce qui rend le film passionnant, ce n'est bien sûr pas seulement cette analogie en elle-même, mais que l'esthétique choisie l'impose et la rende patente partout, sans pour autant avoir à l'expliciter platement. Une esthétique furieuse, dont Bellocchio a bien volontiers reconnu qu'elle se nourrissait autant du grand opéra vériste que du futurisme - qui sont ouvertement cités d'une façon ou d'une autre dans le film.

On a beaucoup répété que la grande idée du film, c'était d'escamoter le Mussolini de chair et d'os (si l'on peut dire) pour ne plus confronter Ida et son fils qu'à sa représentation, y compris cinématographique, après son accession au pouvoir. C'est effectivement une idée puissante, mais qui a plus d'implications que ce qu'on a généralement dit. A ce titre, l'admonestation et le cri contenus dans le titre - Vaincre - au-delà de l'existence que le film donne à ces personnages oubliés de l'histoire (ne serait-ce que parce qu'il leur donne enfin corps et substance), sont ceux du metteur en scène qui utilise les images et les modes de représentation récupérés par le fascisme pour leur redonner une validité. D'où la façon dont il utilise des types de représentation (le futurisme, les effets de montage venus du cinéma soviétique) pas pour les plagier ou pour faire comme à l'époque, mais bien pour leur redonner force et pertinence. Arriver à faire cela tout en étant près de son histoire et de ses personnages, cela me semble digne de tous les éloges. Egalement à louer, l'interprétation quasi-expressionniste de Giovanna Mezzogiorno et de Filippo Timi, qui font immédiatement exister leur personnage, en naviguant entre une interprétation proche de celle des acteurs du muet, à n'en pas douter recherchée par Bellocchio, et des nuances bien contemporaines.

Vincere est un film immense, et incroyablement stimulant pour les sens comme pour l'intellect, en ceci qu'il fond l'esthétique et le politique, qu'il se penche sur l'histoire tout en ayant des résonances bien actuelles - comment ne pas penser à la dangereuse bouffonerie berlusconienne, version dégradée d'un régime et d'une figure de l'autorité déjà bouffons et pourtant responsables d'une tragédie? Presque plus personne aujourd'hui n'est capable de faire cela (pourtant je ne fais pas partie de ceux qui pensent que le cinéma est un art moribond). Ne pas avoir reconnu cela au festival de Cannes en 2009, d'où Vincere est, comme l'admirable Bright star, revenu bredouille, est une faute de goût majeure.

Très belle copie pour ce dvd. Bonus intéressants mais chiches: analyse dense et pertinente mais trop courte du critique Jacques Mandelbaum (6'), ainsi que le documentaire, bien classique, ayant donné l'idée du film à Bellocchio (52'). Où sont passées les scènes coupées et les entretiens de l'édition italienne? Mais après tout, c'est le film qui est indispensable et il se suffit bien à lui-même.
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