L’intrigue policière (en quelques mots, une accorte jeune femme soupçonnée d’empoisonner son mari pour hériter au plus vite) n’est en réalité que le prétexte pour découvrir un pays et une culture totalement inconnus en Europe. Car, entre nous, qui connaît le Botswana, ce territoire au nom exotique, à peine plus grand que la France et enserré entre l’Afrique du Sud et le Zimbabwe ?
Donc, plus qu’un roman policier (du moins, tel qu’on l’entend habituellement, avec ses intrigues plus tortueuses qu’un escalier moyenâgeux), c’est une histoire sans majuscule, des tranches de vie(s), parsemées de remarques et d’interrogations sur le devenir de l’Afrique et saupoudrées de touches de malice envers la gent masculine, dépeinte sous un jour peu favorable.
Et c’est là le deuxième point marquant de ce livre : les hommes n’ont pas le beau rôle, loin de là. Sans le bon sens des person-nages féminins, ils seraient bien en peine de se débrouiller seuls. Le patron de garage (fiancé officiel de Mma Ramotswe) qui se complaît dans sa dépression, l’Homme d’Etat grossier et impudent, le directeur du concours de Miss Beauté & Intégrité, désemparé devant la morale douteuse de ses candidates… A ces tristes sires s’opposent l’énergique Mma Precious Ramotswe et son assistante Mma Makudi, laquelle mène son enquête avec célérité et les apprentis du garage à la baguette.
Et c’est très bien comme ça.