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18 internautes sur 21 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Ethérique, 13 janvier 2005
J'ai découvert Virginia Woolf durant ma prépa en cours d'Anglais et j'avoue que j'ai immédiatement aimé. Je n'ai pas étudié à l'époque Mrs Dalloway, sa grande oeuvre, mais une oeuvre un peu moins connue qui était peut-être encore plus difficile, surtout en cours de littérature anglaise : Les Vagues. 8 ans après, j'ai eu envie de replonger dans "cette" Virginia Woolf exceptionnelle dont certaines idées rejoignent celles de mon maître à penser en littérature, Kafka surtout quand elle écrit : " Je sens dans mes doigts le poids de chaque mot. ". Le style éthrique de Woolf me correspond mieux que celui de Kafka (mon auteur préféré, un génie) ; son imaginaire ne refuse pas la métaphore, mais la nourrit au contraire de voix, de mouvements et de murmures bruyants. J'aime cette intériorité violente, cette profondeur de chaque mot pesé et éprouvé, cette manière de s'affronter elle-même, systématiquement, par le biais de personnages qui ne semblent être que des facettes d'une seule et même personne : Virginia. Cette alternance de sentiments puissants, de réflexions sur le sens de la vie avec des descriptions de la Nature dans ce qu'elle a de plus simple et pur, est jouissive, surtout pour la faible lectrice que je suis et qui aime moyennement les livres à histoire. Tout semble décousu en apparence quand on se confronte à une histoire sans vrais personnages, sans histoire réelle et pourtant, tout n'est que fils entrecroisés, magiques, sensitifs, urgents, épurés, qui se rejoignent et tissent la Vie avec ses flux et ses reflux. L'écriture est donc à la fois le lieu où le réel se rate, mais aussi le lieu privilégié où se révèle la dimension du réel comme impossible... " Les vagues se brisent sur le rivage [...] J'espère avoir retenu ainsi le chant de la mer et des oiseaux, l'aube et le jardin, subconsciemment présents, accomplissant leur tâche souterraine... Ce pourraient être des îlots de lumière, des îles dans le courant que j'essaie de représenter ; la vie elle-même qui s'écoule". Regarder la vie en face toujours et la reconnaître pour ce qu'elle est, et enfin l'aimer pour ce qu'elle est et puis y renoncer pour ce qu'elle est... Pour toujours ces années ensemble et toujours les heures...
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Le commentaire de Patryck Froissart, 9 décembre 2009
Titre : Les vagues
Auteur : Virginia Wolf
Titre original : The waves (1931)
Traduit de langlais par Cécile Wajsbrot
Editeur : Christian Bourgeois, mai 2008
ISBN : 978-2-267-01984-1
289 pages
Ceci nest pas un roman.
Ceci pourtant est un roman.
Six amis denfance, Bernard, Louis, Neville, Susan, Jinny, Rhoda, suivent ensemble le même cursus scolaire.
Par la suite, ils se retrouvent à différents moments de leur vie, dans le même restaurant, où chacun fait le bilan des années écoulées.
Chacune de ces retrouvailles constitue un chapitre du livre, introduit par une description poétique, par la narratrice, dun instant dune unique journée de la course du soleil. Le premier chapitre est ainsi annoncé par laube, et le dernier par le crépuscule. Un jour et six vies sécoulent en parallèle.
Chacun parle à tour de rôle.
Chaque propos est rapporté directement, systématiquement introduit par le verbe « dire » :
« Nous sommes ici, dit Jinny »
« Il faut se ranger par deux, dit Susan »
Et ainsi de suite.
Mais le lecteur est très vite conscient que les discours ne se répondent pas directement : il sent un étrange décalage, la « co-respondance » nest pas au rendez-vous.
Et très naturellement il remplace le verbe « dit » par le verbe « pense ».
Car cest là que réside la beauté et la force du « roman », dans une suite ininterrompue de monologues intérieurs.
Aucune action : tout ce qui permet de « suivre » lévolution des caractères et le déroulement de la vie de chaque personnage se trouve évoqué dans ses propres pensées et dans celles des cinq autres.
En vérité, chacun est seul dans son être, et lors de ces réunions régulières, personne ne retrouve personne.
Et puis il y a la septième figure, Perceval, un compagnon qui nest jamais de la compagnie, un ami de jeunesse que chacun aime, admire, idéalise, le chevalier qui part en Inde aider les misérables et qui y meurt dune chute de cheval.
Celui-là ne « dit » rien, il est « dit » par les autres.
Il les hante.
Ecrire une ligne de plus à propos de ce chef-dœuvre (roman, poésie, théâtre tout à la fois) serait labîmer.
A lire de toute urgence.
Patryck Froissart, St Paul, le 7 décembre 2009
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5.0 étoiles sur 5
troublant, 19 octobre 2009
virginia reste virginia. livre un peu plus difficile que les autre à lire je dois dire. le lent relent des vagues au cours de la vie de ces enfants est vraiment bien décrit et entrainant. on se laisse emporter par ce mouvement. les relations et le mode d'écriture de la vie des enfants est particulier et destabilisant. et moi j'adore ça. à conseiller pour lecteur chevronné. mais une oeuvre si singulière et si bien écrite que je ne peux que la conseiller chaudement
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