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10 des 12 titres furent enregistrés entre février et mai 1969, au moment où le groupe préparait la suite du fabuleux «Electric Ladyland», sorti en 1968.
Cet album inclut de nouvelles versions totalement inédites des classiques « Red House », « Fire » et « Stone Free », ainsi que des versions jamais entendues de reprises de « Bleeding Heart » (Elmore James) et « Sunshine of your Love » (Cream).
Eddie Kramer, l’ingénieur du son de tous les albums de Jimi Hendrix, a supervisé quant à lui le mix de cet album.
Produit par Janie Hendrix, Eddie Kramer et John Mc Dermott, le trio en charge de toutes les sorties CD et DVD du Jimi Hendrix Experience depuis 1996.
Critique
Ce nouvel album-studio d’Hendrix n’est quand même pas une totale nouveauté, on y retrouve des chansons connues dans d’autres interprétations, où qu’il a jouées sur scène, mais on constate une homogénéité indéniable. Les séances se partagent entre le studio Record Plant à New York, en avril 1969, et l’Olympic Studio de Londres en février de la même année. Jimi Hendrix sort du succès de son Electric Ladyland, et lors de ces sessions pose les jalons de ce qui devrait devenir la suite de sa carrière discographique. Parmi ces deux sessions, on a glissé un « Mr Bad Luck » de 1967, un titre connu dans une version différente sur un album posthume, et la chanson titre, « Valleys Of Neptune », enregistrée à New York en 1970 avec à la basse Billy Cox, son copain d’armée, Mitch Mitchell aux drums et le percussionniste Juma Sultan, c’est-à-dire le team de Woodstock reconstitué.
C’est là encore une chanson dont on ne connaissait que des bribes, qui figure ici (c’est le single) dans une version lumineuse et complète. Hendrix était un spécialiste de la cover, on se souvient qu’il étonna Lennon et Harrison en jouant devant eux, dans un club londonien, une version cosmique de « Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band », seulement trois jours après que l’album des Beatles soit sorti ! Ici, il donne une relecture brillante de « Sunshine Of Your Love » de Cream. Il transfigure également « Bleeding Heart » d’Elmore James, ou « Hear My Train A Comin’ », et revivifie les plus classiques « Stone Free », et autre « Red House ». Le tout est passé entre les mains expertes d’Eddie Kramer, le producteur originel du Jimi Hendrix Experience, qui a dignement rendu hommage au génie du guitariste chanteur.
Tous ces titres montrent avec évidence comment Hendrix était en studio comme un poisson dans l’eau, et la production totalement dénuée de bidouillages superfétatoires donne toute sa valeur à ces enregistrements. On est médusé devant la volubilité sans esbroufe, l’aisance, le plaisir de jouer du trio. Hendrix revient à cette occasion clore le débat : il est définitivement l’acmé du blues, le sommet insurpassable du genre, mais il est aussi un chanteur bourré de soul.
Avec ces digressions psychédéliques phénoménales, que la liberté du studio lui accorde à ce moment-là de sa carrière, le guitariste est ici magnifique, échevelé, légendaire. Et ce Valleys Of Neptune, honnête et vibrant, redonne en effet l’envie de se repencher, quarante ans après sa tragique disparition, sur l’œuvre de cette comète qui illumina la musique populaire.
Jean-Eric Perrin - Copyright 2013 Music Story