A quel point faut-il être crédule pour ne pas s'apercevoir au premier coup d'aeil coup de filou qui se cache derrière ce Valleys Of Neptune de mars 2010 ? Comment peut-on encore tomber dans le panneau tendu par les maisons de disques ? Cette parution est une énième exhumation posthume du catalogue d'Hendrix. Cette fois-ci, c'est Sony Music qui s'y colle, en qualité de nouveau responsable du catalogue de l'artiste. Cette version supplémentaire affectée au répertoire lucratif du surdoué de la six cordes a pour elle l'avantage de la qualité, pas celle de la nouveauté comme l'acquéreur est en droit d'attendre sur la base de la promotion qui en est faite. On balance de l'inédit en veux-tu, en voilà pour accompagner la sortie du produit dans les bacs. Foutaise. Arrêtez de me faire rire, j'ai des crampes aux zygomatiques. Bravo Sony, mais ne nous prend pas pour des branques. Vends ta camelote, soit dit en passant, très honorable et d'excellente qualité, mais n'en fais pas trop pour un album qui sort, comme par hasard, pour honorer les 40 ans de la disparition du guitariste de Seattle. Valleys Of Neptune n'a d'inédit que le morceau titre (et qui n'est pas ce que le gaucher a fait de mieux), toutes les autres pistes étant de nouvelles moutures de chansons que l'on connaît déjà, enregistrées pendant sa période londonienne (Lover Man, Sunshine Of Your Love et Crying Blue Rain appartiennent à l'épisode daté du 16 février 69 à l'Olympic Studio) et à New York, dans les premiers mois de l'année 1969. Elles se partagent entre les ultimes enregistrements studio du JHE (après Electric Ladyland), à un moment où le torchon brûle grave entre Hendrix et Redding, et les sessions avec la mouture Cox/Mitchell. Appelons donc un chat, un chat. Malgré cette tentative d'entourloupe qui ne baisera pas les initiés, accordons, comme je l'ai reconnu, de la qualité au travail effectué. Dans le concert de daubes que la discographie post-mortem de notre génial gaucher a pu générer, il est rassurant de voir que certaines publications ont le sceau du bien faire. Ce Valleys Of Neptune tient largement la route et échappe au foisonnement des merdes qui, honteusement et sans le moindre respect pour son auteur, ont eu (et ont encore) une existence sous le label Hendrix. Mais parler d'inédit... faut quand même pas pousser mémère dans les orties, elle est en short ! Consultez le tracklist ci-dessous et vous aurez tout pigé de ce à quoi cet album vous convie. Rien que vous ne connaissiez pas, si vous en pincez pour Hendrix. Comme c'est encore bon, vous ne perdrez pas au change et on fermera les yeux. Mais inédit, mon cul ! N'attendez toutefois pas de ce disque qu'il révolutionne les choses : plus rien ne nous surprend sur cet extraordinaire artiste. A moins d'attirer avec des arguments à la mord-moi-le-naeud. Messieurs les promoteurs de maisons de disques, vous n'allez quand même pas faire le coup à chaque parution. D'autant plus que le catalogue est loin d'être épuisé, il me semble, depuis que les ayant-droits du guitar-hero ont flairé le jackpot à décrocher. Comme la Jackson Family depuis que Peter Pan est parti (PLO54).