Pollini peut enthousiasmer ou laisser de marbre. Schubert, Schumann, Chopin ou Beethoven, il utilise des Steinway stratosphériques qui peuvent en faire hurler certains, et la prise de son DG ne fait rien pour gommer ce parti pris pour le moins archaïque - un comble pour ce pianiste si contemporain. Reste à écouter son discours. La pureté de son jeu, son extrême sobriété, sa conduite impeccable. On peut demander ici plus de feu, de flamme ou de lave. Il faudra voir ailleurs - et alors s'accommoder de scories diverses et variées (je ne cite personne). Pollini vous convie à un Beethoven dans la grande tradition, presque guindé, pas franchement peuple, mais bon sang, que c'est beau. Et quand on aime le piano, que demander de plus. Un sommet.