A mes oreilles éduquées mais non savantes, et surtout accoutumées aux fameuses versions de Glenn Gould, l'interprétation de Perrahia est une nouvelle révélation. Personnellement, je la trouve plus respirable, plus aimable que celle de L'incontournable. Je trouve les appogiatures supplémentaires bienvenues, elles donnent un côté tonique mais pas précipité. Le tempo parfois plus lent nous laisse savourer certains détails qui étaient peut-être un peu brouillés sous la main fiévreuse de L'incontournable. Et pour reprendre les termes d'un autre commentateur, j'y perçois un certain humour. Trop ? Peut-on avoir trop d'humour ? Ce n'est quand-même pas à se taper les cuisses, n'ayez pas peur !
Ce que je trouve génial avec Bach, pour le pratiquer moi-même en amatrice, c'est justement cette incroyable liberté qu'il offre à l'interprète. C'est peut-être un peu protestant. Chacun son Bach. Il n'y a pas "le pape" Glenn Gould et les hérétiques, qui seraient tous les autres. Réduire les Variations Golberg a UNE interprétation très particulière est à mon avis plus que dommage, c'est un contresens.
Celle de Perrahia vaut largement celle de L'incontournable. Ça y est, je l'ai dit.