ParMélomaniac1ER COMMENTATEUR DU HALL D'HONNEURTOP 10 COMMENTATEURS
Format:CD
Cet album rassemble les deux symphonies les plus sereines de Vaughan Williams.
L'influence de Ravel se fait immédiatement sentir dans la "Pastoral", ébauchée quand le jeune compositeur était mobilisé comme infirmier d'ambulance dans la campagne arrageoise en 1916, et achevée cinq ans après. Peter Warlock compara moqueusement le caractère contemplatif de ces ambiances bucoliques à « une vache regardant par-dessus une barrière » ... Le musicologue Michael Kennedy la décrit plus sérieusement comme un « Requiem de guerre », ce qu'illustrent l'émouvante mélodie de trompette du Moderato, et les vocalises élégiaques d'une soprano dans le Lento conclusif.
Adrian Boult et le Royal Philharmonic assurèrent la première audition de cette oeuvre le 16 janvier 1922, avant de la confier trente ans plus tard aux micros de Decca : cette version préservait l'aura mystérieuse de cet erratique paysage musical, alors que l'interprétation de février 1968 rééditée par le présent album se montre chaleureusement réconfortante, en sus de l'appoint stéréophonique.
Imprégnée d'archaïsantes harmonies modales, dérivée de l'opéra "The Pilgrim's Progress", la symphonie n°5 (1938-1943) diffuse une lumière crépusculaire qui rappelle certains aspects du langage orchestral de Sibelius à qui elle est d'ailleurs dédiée. Dans l'enregistrement Decca de décembre 1953, Boult aiguisait un rythme cursif pour le Scherzo fomenté par des cuivres cinglants, alors que le London Philharmonic paraît ici trop peu discipliné malgré un tempo moins tendu. A contrario, le maestro choisit de presser l'allure de la Passacaille : elle s'épanouissait plus généreusement dans sa précédente lecture monophonique qui pourtant ne s'alanguissait pas. La concentration formelle et l'impact expressif s'en trouvent renforcés.