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2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Il était une fois, en Europe, une ville assiégée,
Par Denis Urval (Paris, France) - Voir tous mes commentaires (COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR) (TOP 10 COMMENTATEURS)
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Veillées d'armes - Edition 2 DVD (DVD)
On dit que l''insuccès en salle de Veillées d''armes (1994) fut une déception pour Marcel Ophuls. Le DVD donnera-t-il une seconde vie à ce film ? On est en droit de l''espérer, étant donné sa qualité. Son sujet est le siège de Sarajevo et la guerre de Bosnie, mais aussi l''image du conflit, et la manière dont un occidental vivant en paix dans un pays développé entretient une relation étrange (curiosité, indignation, résignation) avec ces guerres qu''il suit par la télévision et par la presse. Il faut sans doute aussi replacer le film dans son contexte : celui de la passivité durable des gouvernements occidentaux devant le conflit, le choix de la réponse humanitaire (qui est à l''action diplomatique ce que la charité est à la justice sociale), sans parler de la vieille amitié franco-serbe qui n''aidait pas à y voir clair. Le mérite d''Ophuls est d''avoir signé non pas un film indigné, mais un film qui fait naître une 'indignation chez le spectateur qui n'est plus celle, éphémère, de celui qui voit des images de désolation et les oublie, mais une autre, qui résulte de la compréhension des causes, et non plus du spectacle des effets.Qui pense documentaire pense souvent à un défilé d''images d''archives platement commentées. Mais Marcel Ophuls ne compile pas des séquences toutes faites. Cinéaste et fils de cinéaste (nous verrons des extraits de De Mayerling à Sarajevo, de Max Ophuls'), il fait éclater les limites du genre. La guerre de Bosnie ne nous est pas expliquée sur un mode didactique, mais nous en voyons le quotidien (civils terrorisés, agresseurs cyniques) comme on peut le découvrir en un jour ordinaire. Dans Sarajevo assiégée, en donnant la parole aux reporters, photographes, cameramen, il nous montre l''information se faisant, et la volonté à l''œuvre de faire mentir l''adage « la première victime de la guerre, c''est la vérité ». Ophuls utilise également au maximum l''arme du montage pour donner vie et rythme à son film, et provoque des chocs propres à faire réfléchir. Le montage est ce qui permet de juxtaposer passé et présent, fiction et réalité, de produire des effets burlesques (comme lorsque Bing Crosby débarque'). Ainsi est replacée l''histoire immédiate dans celle du siècle et du monde. La seconde partie est plus brouillonne, oblique un moment vers la première guerre du Golfe, et se perd un peu dans la critique générale des médias, avant de belles séquences finales, de retour à Sarajevo, là même où fut assassiné en 1914 l''archiduc François-Ferdinand, avec les conséquences qu''on sait). Fort de sa virtuosité, et de sa culture, très présent à l''image, Marcel Ophuls nous a donné une œuvre. Son film est drôle et tragique. Il donne à penser. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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