Velvet Goldmine (titre repris volontairement de la chanson de David Bowie) fait figure d'OVNI cinématographique.
Car qu'est-ce que c'est, exactement? Comment le définir?
Conte, fantasme, biopic dissimulée, reconstitution d'une époque, réflexion sur l'homosexualité et la bissexualité?
Hé bien, c'est tout ça à la fois. Lui coller une étiquette serait presque impossible.
Todd Haynes au scénario et à la réalisation (plus connu récemment pour son biopic très particulier sur Bob Dylan "I'm Not There") sort ce film totalement méconnu en 1998, dans le but évident de clamer sa passion pour le Glam Rock et ses figures de proue (Davie Bowie, Iggy Pop, Lou Reed, T Rex).
Velvet Goldmine retracera ainsi les années 70 et l'explosion du talent de David Bowie (ici nommé Brian Slade) avec la naissance et la destruction des mythes qu'il a créés (notamment Ziggy Stardust, en l'occurrence).
Ce n'est pas une véritable biopic (tous les noms sont modifiés) dans le sens où imaginaire et réalité sont en symbiose constante, à tel point que le film, qui plus est doté d'une construction complètement éclatée, risque de laisser en touche quiconque ne connaît pas bien cette période.
Mais dans toute son étrangeté, Velvet Goldmine ne pouvait pas mieux rendre hommage à cette période et à cet Art, déjantés et irréels, où les riffs des guitares n'étaient jamais bien loin des nuées de poudre, où génie et destruction/autodestruction allaient souvent de paire.
C'est très particulier, musicalement on a droit à quelques morceaux connus, mais aussi à des titres totalement inventés pour le film, qui, à défaut d'être transcendants, ont su capter l'essence et l'esprit de cet Art, ce qui est déjà pas mal.
Des moments planants, mais plein d'autres qui foutent carrément la pêche.
Et puis le clou du spectacle... c'est tout de même Ewan Mc Gregor incarnant Iggy Pop (ici nommé Curt Wild), ça, il fallait l'oser. Et il s'en tire plutôt très bien, le bougre! Il n'a pas eu froid aux yeux...
A découvrir ou redécouvrir pour les amateurs de Glitter, Glam Rock et autres amoureux des seventies, dont l'ambiance est parfaitement retranscrite.
Velvet Goldmine sera déjà plus dispensable pour les autres, que la bizarrerie du film pourra rebuter.