J'en aurai lu des horreurs en 2007 ! Après les deux premiers tomes de Max Gallo sur les romains, on atteint ici une nouvelle fois les sommets de l'horreur. Il est difficile de faire pire.
Et pourtant, tout ceci semble complètement oublié aujourd'hui.
L'histoire trop peu connue des vendéens durant la Révolution de 1789 et jusqu'à 1801 sous le règne de Napoléon Bonaparte.
Tour à tour, l'espérance des réformes devant rompre avec les injustices du régime précédent, la peur qui lui succède avec les premières mesures prises par l'Etat, qui s'annoncent finalement bien plus restrictives que ce qui avait précédé, et enfin la colère et la révolte face aux réquisitions, à la hausse des impôts et surtout à la privation de la liberté de culte, qui se solde aussitôt par de premières vagues de persécutions, exécutions et assassinats.
Dès lors, ce ne sera qu'escalade dans les injustices et procédés dictatoriaux menés par l'Etat républicain.
Les vendéens sauront s'organiser pour constituer une armée puissante et victorieuse (ce qui m'a étrangement fait penser à un étonnant parallèle avec l'épisode Spartacus du temps des romains, dont j'ai achevé la lecture il y a à peine quelques mois), avant que les républicains, désorganisés par les guerres extérieures, l'état d'insurrection du pays et les purges internes aboutissant à remplacer des état-majors compétents par de nouveaux nommés incompétents, petit à petit ne redressent la tête et organisent la fin sanglante des vendéens suite à l'échec de la virée de Galerne.
Ce qui débouchera sur l'un des plus terribles génocides qu'ait connus la planète, où s'enchaînent exécutions massives, univers concentrationnaire, destruction programmée, régime de terreur et noyades collectives dans la Loire (organisées par le monstrueux envoyé de la Convention Jean-Baptiste Carrier), pour culminer avec les colonnes infernales de Turreau, créées sur ordre du Comité National de Salut Public, organisant la destruction totale de la Vendée, dont même le nom doit disparaître.
S'ensuivent des exactions plus atroces les unes que les autres. Femmes, enfants (dont un certain nombre seront par exemple jetés vivants dans des fours), vieillards, patriotes comme royalistes, innocents ou pas, personne ne doit en réchapper, pas davantage que les villes, villages, habitations, édifices, terres, dont l'incendie est méticuleusement planifié.
L'horreur sera telle que l'on ira jusqu'à écorcher et tanner des peaux humaines de vendéens pour en faire des culottes de cheval destinées aux officiers supérieurs, ainsi que des couvertures de livres et récupérer de la graisse de cadavres pour servir aux hôpitaux.
Mais, après de multiples épisodes sombres et douloureux, la résistance parviendra à de multiples reprises à se réorganiser, de manière surprenante et exceptionnelle, jusqu'à ce que Napoléon Bonaparte arrivé au pouvoir parvienne à mettre un terme à cette situation infernale.
Un épisode de notre histoire effroyable et fort peu glorieux, qui a atteint le comble de l'ignominie et inspiré les pires régimes totalitaires que nous ayons connus au XXème siècle, en particulier le communisme, qui s'en est certainement beaucoup inspiré et qui ne saurait renier les noms de Robespierre ou de Saint-Just, en particulier. Une honte que l'on préfère cacher aujourd'hui encore, pour préférer l'éloge de la Révolution, de la République et le beau feu d'artifice du 14 Juillet.
Une Bande dessinée réalisée avec soin et souci de la rigueur historique, grâce au travail et au talent de Reynald Secher, dont on ne peut que saluer une fois de plus la maîtrise (voir mes autres commentaires sur des BD de l'auteur), sur le sujet qui lui tient sans doute le plus à coeur, à en juger par ses travaux.