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Le voyage à la française ! Connu de tous (ou presque), identifiable à son personnage de couverture, c'est grâce à lui que l'on repère les Français à l'étranger. Référence depuis 25 ans, remis à jour tous les ans par une équipe de plus de 100 personnes, la collection n'arrête pas de s'étoffer de nouveaux titres. Ce guide "made in France" se caractérise par son ton sarcastique, parfois acerbe mais toujours juste, au franc parlé, depuis repris, copié mais rarement égalé. Symbole de liberté, d'indépendance, d'émancipation du voyage pour toute une génération, ces descendants suivent le pas et à juste titre. Toutes les informations habituelles, présentées clairement, synthétiquement et toujours avec rigueur composent ce guide. Ces gens-là connaissent leur boulot et ne parlent jamais de ce qu'ils n'ont pas vu. Les anecdotes sont croustillantes, les adresses secrètes (d'après les comptes rendus de lecteurs) et, en France, comme au bout du monde, on garde cette image de la découverte "sac au dos". Depuis peu, ce best-seller s'est offert une carte en couleurs pour égayer sa maquette mais, le plus important, c'est que l'on va à l'essentiel, facilement, avec cet esprit du routard arpentant, comparant, repérant une zone, et sympathisant avec les gens du coin. Le guide "copain rusé".
--Florent Lamontagne
--Ce texte fait référence à une édition épuisée ou non disponible de ce titre.
Extrait
Le carnaval commence traditionnellement douze jours avant le Mardi gras. Vient de l'italien «carnelevare», qui signifie «sans viande», car la période suivant le Mardi gras est une période de jeûne. Au temps de sa gloire au XVIIIe siècle, avant de disparaître provisoirement avec la chute de la République, le Carnaval s'étalait sur six mois, du 1er dimanche d'octobre au Carême. Pendant toute sa durée, tous les Vénitiens, quelle que soit leur condition sociale, se déplaçaient revêtus d'un tabarro (sorte de longue cape) et le visage masqué par la bauta (masque blanc pourvu d'un voile noir surmonté d'un petit tricorne). Tout devenait permis, chacun étant l'égal de son voisin. Le petit marchand pouvait s'introduire dans la conversation des aristocrates, et vice versa. Il n'y avait plus d'autorité, plus de soumission. Progressivement, le masque ne suffit plus ; vint alors le temps du travestissement. Chacun pouvait s'inventer un personnage, en recourant aux trésors de la commedia dell'arte. La folie gagnait lentement la place Saint-Marc et les quartiers environnants. Toute la ville se transformait en une gigantesque scène de théâtre où l'on dansait et chantait. Venise était alors la ville de toutes les séductions. Il existait - à son âge d'or - plusieurs sortes de déguisements bien codifiés. Le costume le plus connu était celui du mattaccino. A partir du XIIIe siècle, les jeunes gens avaient l'habitude de se déguiser en clowns et de s'adonner au célèbre «jeu des oeufs». Ce jeu consistait à lancer avec une fronde des oeufs remplis d'eau de rose à toutes les femmes que les mattaccini trouvaient belles. Celles qui ne leur plaisaient pas recevaient sur leurs costumes des oeufs pourris. Ce jeu devint tellement populaire que le gouvernement - après plusieurs interventions sans effet - décida de protéger le passage des femmes sur la place Saint-Marc en étendant des filets tout le long des Procuratie (rubrique «À voir» dans San Marco). Mais 1797, l'année de tous les malheurs pour Venise, marqua la fin des festivités.
--Ce texte fait référence à une édition épuisée ou non disponible de ce titre.