Angleterre, 1950. Vera Drake est une femme ordinaire, toute dévouée à sa famille, généreuse, le caeur sur la main, toujours prête à rendre service. Entre deux ménages, elle rend (gratuitement, il est important de le préciser) de sacrés services : depuis plus de 20 ans, elle est faiseuses d'anges, autrement dit, elle pratique des avortements clandestins, puisqu'à cette époque, c'était un acte illégal. Mais un jour une pratique tourne mal et l'hôpital qui recueille la malheureuse jeune femme pour qui cela s'est compliqué porte plainte et dénonce Vera, qui voit sa vie basculer, à la plus grande surprise des siens qui n'étaient au courant de rien.
Tout dépend comment l'on considère ce film : si l'on prend en compte sa valeur de documentaire retraçant l'histoire de l'IVG, de ce temps où l'avortement clandestin se pratiquait à l'encontre de la loi, c'est un très bon film, qu'il convient sans doute de montrer aux jeunes générations pour leur montrer combien c'est une lutte de tous les temps.
Si l'on s'attarde maintenant au film en tant que fiction, là, je trouve que beaucoup de points pêchent. D'abord la réalisation, longue, lente, si lente que parfois je me suis demandé si je n'avais pas un problème de vitesse de lecture sur mon lecteur DVD (!), 2 heures pendant lesquelles l'actrice passe (presque tout) son temps à larmoyer dans une naïveté sidérante : au lieu de s'engager pour un combat ou des convictions, elle semble débarquer quand elle se retrouve face à la justice, elle qui pensait réellement rendre service. Cette naïveté est peu crédible, tout comme l'est ce soudain accident de parcours : une seule infection entraînant une hospitalisation en 20 ans de pratique ?!
Ce film pose un constat d'époque, avec tout ce qu'il y avait autour de personnages sincères, gentils, bien-pensants ou au contraire mesquins et profiteurs. Il ne montre pas un combat, mais au contraire une femme si discrète et si peu combattante qu'elle en est désemparée quand il s'agit d'affronter la réalité. Au fond, il me tardait que ça finisse.
Je ne me souviens plus très bien d'
Une affaire de femmes de Chabrol (1988), mais il me semble que sur le même thème, il était meilleur.