Pour son premier enregistrement verdien, on peut dire que l'on attendait Harnoncourt au tournant. D'une manière générale, le résultat est plutôt convaincant malgré des tempi parfois incompréhensiblement lents (cette version dure en moyenne 15 minutes de plus que la plupart des autres enregistrements), mettant en péril certains chanteurs (Salminen). Le Philarmonique de Vienne révéle de manière somptueuse certains passages de la partition. Côté chanteurs : Hampson et Borodina sont extraordinaires. Aïda et Radamès ? Il n'en y a point : Cristina Gallardo Domas a ruiné, en peu de temps, des moyens considérables. La voix sonne courte, étriquée, affligée d'un large vibrato. Vincenzo La Scola est-il un Radamès ? A aucun moment le chanteur ne nous convainc qu'il incarne un valeureux guerrier : la voix est crispée, engorgée, le chant sans style, sans ligne, sans panache, parfois à la limite de la justesse (la reprise de "Celeste Aïda" !!!). En somme, une Aïda qui vaut pour son orchestre et ses seconds rôles...