- La musique d'un Verdi en fin de carrière de plus en plus aboutie. Il allie la vigueur des ch½urs magnifiques, les chants martiaux, les chants d'amour et la douceur du final dans le tombeau rythmé par les incantations au Dieu PTAH. On se demande comment on peut coordonner tant de beauté entre l'orchestre, dont les trompettes, les ch½urs et les solistes le tout donnant des moments sublimes, surtout à la fin de 1er acte. Le second acte est magnifique, avec en plus les ballets.
- La mise en scène est grandiose, hollywoodienne si on veut, mais elle s'accorde tellement au sujet : l'Égypte des Pharaons. Petite réserve pour la scène finale où ils chantent, par moment, à plus d'un mètre de distance alors qu'ils vivent leurs dernières minutes.
- les costumes sont somptueux dans l'ensemble. Une réserve pour les solistes, qui, il faut l'admettre ne sont pas tous des top models. Amnéris aux robes surchargées qui ont tendance à l'alourdir, mais ses perruques et ses bijoux sont vraisemblables. Surcharge aussi pour Radamès aux 2 premiers actes, qui aurait supporté une tunique plus courte et un haut qui l'engonce moins, le tout dans des teintes qui le noient dans le décor. En simple tunique dans les 2 derniers actes et sobrement coiffé, on peut comprendre que deux femmes se le disputent ! Quant à Aîda, ses voiles et robes aux couleurs affreuses dans les deux premiers actes ne l'affinent guère. Les macarons de sa coiffures l'enlaidissent et la vieillissent au point qu'on se demande si elle est l'aimée de Radamès ou sa mère. Dans le 4e acte, quand il chante "mourir si belle ;;" malgré l'obscurité on a du mal à y croire.
- l'interprétation est impeccable dans l'ensemble : Amnéris, Amonestro, le grand prêtre. Pour Radamès, c'est du Roberto Alagna, avec toute sa maîtrise, sa voix magnifique, sa façon de chanter et ses qualités de comédien. Il arrive à couvrir les ch½urs et l'orchestre, puis passe à la douceur dans le final. Pour Aîda je serai un peu plus réservée. Elle aussi couvre l'ensemble par la puissance de sa voix, mais par moment elle n'a pas la pureté cristalline d'une soprano.
Réserves aussi pour les applaudissements. J'aurais donné les même points à Amnéries, Aïda et Radamès. Le public milanais a acclamé Zeffirelli, les ballets, mais les interprètes sont passés au second rang, sauf Violetta Urmana qui n'a pas été meilleure que les autres.
Ces quelques réserves, visibles dans le DVD ne devaient pas être perceptibles à la Scala, donc, dans l'ensemble il mérite d'être apprécié.