La direction d'Abbado est incroyablement riche et subtile, et l'orchestre, fabuleux (pas des moindres, le Berliner Philarmoniker) propose une musicalité et des palettes sonores éblouissantes. Et que dire de la prise de son aussi !
Les voix sont fabuleuses et le rôle titre est mené avec maestria par Bryn Terfel. Le baryton-basse gallois possède toute l'ingéniosité et les qualités vocales (puissance, rondeur, nuances, effets...) pour briller comme il le fait dans cet enregistrement, qui, sans aucun doute, sera la nouvelle référence pour ce dernier opéra du compositeur italien. Après les versions de Karajan, Solti, Giuliani, (j'attends de découvrir celle de Bernstein), celle d'Abbado hisse l'oeuvre encore un peu pus près des étoiles.
Et n'omettons pas de préciser, que malgré tout le talent de Terfel et la direction inspirée d'Abbado, épaulé par un orchestre lumineux de musicalité et d'intelligence expressive, le réel génie est bien celui de Giuseppe Verdi. Quel opéra prodigieux et incroyable pour finir en apothéose son oeuvre immense ! Et en plus sur un genre très délicat, la Comédie Lyrique...
Plus je l'écoute et plus j'y décèle un travail d'orfèvre sur les couleurs orchestrales et le cheminement harmonique. Je ne m'en lasse guère...
Chapeau bas maestro Giuseppe !