Cette version de Nabucco est pour ma part la plus fluide, la mieux chantée, la mieux dirigée. Ce chant à « quatre pattes » (Cappuccilli, Domingo, Nestrenko, Dimitrova) fascine par la maîtrise de leurs empruntes vocales, par la puissance et la pureté du timbre, quelques fois rarement inégalées. La direction de Sinopoli souligne le côté grandiose de cet oeuvre, inscrivant son interprétation dans le giron des enregistrements légendaires.
Et comment rester insensible à cet opéra, véritable « faiseur de tubes », hantant notre cerveau plusieurs heures suivants la fin de l'écoute. Le lendemain, sifflotant à nouveau les airs écoutés la veille, vous vous apercevrez que loin de l'image apposée sur Verdi par nombres de musicologues (expliquant, entre autre, sa « facilité » musicale tout italienne composée d'airs facilement reconnaissables, de chaeurs également particulièrement mélodieux, et de grands thèmes démonstratifs) nous abordons ici un opéra pleins de sous-entendu, d'une indéniable finesse ainsi que d'une remarquable fluidité et d'un sens inégalé de la transition.
Véritable bloc cohérent à l'emprunte mélodique indéniable, Nabucco surprendra tous ceux qui pensent que l'opéra rime avec ennui, platitude et bâillement.