Cette version du Requiem de Verdi fut captée en septembre 1953 à la Jesus-Christus Kirche de Berlin, dans une superbe prise de son monophonique, étonnante de relief et de réalisme.
Sous la baguette inspirante de Ferenc Fricsay, cette musique qui hésite entre le sacré et le théâtre me semble ici plus proche de l'oratorio que de l'opéra.
Le plateau vocal n'affiche aucune voix italienne ni star des planches, et pourtant les quatre chanteurs servent le texte avec conviction et intensité.
Malgré des tempi très véloces, les vastes et opulents choeurs de la cathédrale Sainte Hedwige et du RIAS-Kammerchor vibrent avec ardeur, aussi impressionnants dans le tonnerre du « Dies Irae » que dans l'envol du « Sanctus » ou les fugues du « Libera me ».
La direction preste et vigoureuse du chef hongrois permet à l'oeuvre de tenir sur un seul CD.
Il la réenregistrera ultérieurement pour la stéréophonie mais, y compris au sein de la riche discographie de cet opus, cette première lecture me semble insurpassée au regard de sa puissance expressive et de son élan charismatique.