Composé en hommage au poète Alessandro Manzoni, le Requiem de Verdi correspond à la dernière manière d'écriture de son auteur. Créé en 1874, il prend place entre Aïda et Otello. C'est une Messe des morts spectaculaire, terrifiante dans la foudre de son Dies Irae, sereine dans la pureté salvatrice du Libera me. Réputé comme le moins triste et le plus théâtral des requiems, par opposition, notamment, aux douloureuses messes de Mozart ou de Fauré, la partition de Verdi fait appel à des effectifs orchestraux et vocaux grandioses, proches des moyens de l'opéra. Les solistes de la partition (soprano, mezzo, ténor et basse) affrontent d'ailleurs de redoutables tessitures. Gardiner a été le premier à enregistrer cette oeuvre sur instruments anciens, et il arrive à concilier cette approche musicologique passionnante à un enthousiasme jamais démenti. Dans la discographie très chargée du Requiem de Verdi, voici donc la nouvelle référence. --Pierre Massé
La parution de ce disque dans les années 90 avait fait l'effet d'une bombe: Verdi sur instruments "originaux" ! Le résultat est une véritable réussite: clarté de la polyphonie (le choeur est admirable de bout en bout et on entend enfin le pupitre des altos qui a un rôle si important dans l'oeuvre), révélation des beautés instrumentales, précision et clarté de la direction (on arrive à distinguer les différents cuivres lorsque se déchaîne le maelström du tuba mirum), le libera me, chef-d'oeuvre absolu, est rendu de manière saisissante et émouvante. Au regard de Giulini, Abbado, Muti et consort, ma version pour l'île déserte.