Un tendre regard sur Paul Verlaine, un regard de poète sur un autre poète, « Parce qu'un homme c'est bien autre chose que le petit tas de secrets qu'on a cent fois dits. »
Goffette imagine la vie de Verlaine en de courts chapitres, par petites touches, avec délicatesse' Les « bocals » sur une étagère et dans lesquels sa mère conservait dans de l'esprit de vin les f½tus de ses frères et s½urs non menés à terme. Le petit Paul les regardait tout en jouant, « plein de malaise et d'effroi. » À vingt-cinq ans, Verlaine, ivre, tente d'étrangler sa mère. Et « en trois coups, les maudits bocaux, les trois diables roses sont sur le plancher. »
Mathilde « la petite épouse » de seize ans qu'il a trahie, Georges, leur fils que Mathilde lui reprend, et puis Rimbaud'
En toile de fond l'Ardenne, grise de toits, grise de pluie. L'Ardenne passion de Verlaine, passion de Goffette. Rimbaud la fuira : trop froide, pas assez vaste pour son horizon.
Un hommage à une terre, un hommage à un maître. L'écriture de Goffette est limpide, magique : le bruit doux de la pluie sur la vitre embuée' la pluie « qui ferait reluire la plus sale défroque. »