L'ultra-médiatisé François Bégaudeau nous livre avec son nouveau roman quelques bribes d'histoires d'amour, avec le lot habituel de joie, de pleurs, de haine, de sexe, et autres questionnements qu'on retrouve dans la littérature amoureuse "post-trentenaire". En somme, rien de bien neuf à travers ce livre à l'énoncé du sujet.
Oui mais voilà, Bégaudeau a du talent. Et ce qui aurait pu être une suite lénifiante de portraits d'amoureux éconduits avec tous les lieux communs que cela comporte devient une fresque de personnages absolument jouissive à lire. Le style n'est jamais ampoulé, la verve littéraire de Bégaudeau est contagieuse et le ton romantico-caustique emporte définitivement l'adhésion du lecteur.
Celui-ci se laisse agréablement porter au travers des différentes histoires qu'entremêle agréablement l'auteur. Si parfois il arrive de se perdre au gré des multiples personnages qui jalonnent le récit, Bégaudeau parvient à établir des ponts, parfois incongrus, entre les histoires pour créer un grand ensemble sur les liens entre hommes et femmes dans notre culture urbaine contemporaine. Et l'auteur de conclure que, malgré les difficultés, l'histoire de l'humanité se destine doucement à se rendre vers la douceur... Un vrai bol d'air frais et vivifiant face au pessimisme ambiant, dont on regrettera uniquement la voie trop "boboisée" qu'emprunte Bégaudeau par moments.