En lisant ce livre on subodore comment Soral s'est fait exclure progressivement puis brutalement du monde médiatique dominant.
Prolongation radicale des critiques mesurées du féminisme moderne troisième vague (chiennes de garde, la Meute, Ni putes ni soumises...), là où Elisabeth Badinter discute et dialogue avec ce mouvement, Alain Soral l'attaque à la pelleteuse.
Et pire encore, il propose au lecteur une révision psychologique, historique et sociologique du point de vue féministe comme une émanation d'un essentiel féminin.
Si ça n'était pas assez, il sulfate complètement, citations à l'appui, la prose de Badinter, et celle de Simone de Beauvoir, histoire de finir le boulot au pied de biche.
Pouvant provoquer des descentes d'organes chez les féministes pas très rodées à la critique et au débat, cet ouvrage est un coup de poing et un doigt d'honneur adressé aux évidences de la police de pensée féministe qui opèrent dans les médias (cf. polémique Orelsan, Damien Saez, publicité "le point G à la fin du mot shopping", etc).
Même si l'on ne peut qu'apporter la contradiction à la volonté scientifique (sociologique ici) du bonhomme, qui base sa réflexion uniquement sur deux pavés non-scientifiques des sciences molles (la psychanalyse freudienne et la lutte des classes de Marx), ce livre a un grand mérite : il questionne les fausses évidences servies chaque jour dans les médias.
Et en ce sens, il libère, un peu.