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Commentaires client les plus utiles
10 internautes sur 14 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Une oeuvre complexe, mais majeure.,
Par Johan Rivalland (LEVALLOIS-PERRET France) - Voir tous mes commentaires (TOP 50 COMMENTATEURS) (VRAI NOM)
Ce commentaire fait référence à cette édition : La vertu d'égoîsme (Poche)
Pas facile de résumer Ayn Rand. Ce petit livre court n'en est pas moins complexe. L'auteur y oppose une philosophie morale et politique de l'individu aux principes d'altruisme tels qu'on les entend dans une vision idéologique tendant vers le collectivisme.
Sa philosophie objectiviste s'oppose, en effet, aux dérives anticapitalistes ou étatistes, qu'elle accuse d'étouffer la libre initiative et de violer le droit naturel des individus (voir sur ce sujet l'admirable ouvrage de Patrick Simon). Loin de respecter toujours les droits de l'individu, fondés sur le libre consentement, le contrat et la propriété et reposant sur l'appel à la Raison, le collectivisme opère un transfert du droit vers le domaine économique, à travers les fameux « droits à » qui substituent des droits collectivisés détenus par des groupes à ceux qui devraient faire de l'Homme une fin en soi. Ayn Rand montre comment une telle conception engendre de graves effets pervers, puisque le racisme en est une résultante extrême, à la source notamment des totalitarismes Nazi ou communistes. Là où la vertu d'égoïsme, qu'on ne saurait toutefois apparenter à une simple apologie de l'hédonisme, respecte profondément l'individu dans ses choix moraux, les conceptions étatistes de l'altruisme impliquent le sacrifice (obligatoire) à la collectivité, supposée être située au-dessus de tout principe éthique, « puisqu'elle est la source, la norme et le critère de l'éthique (...) ». La vertu d'égoïsme est, en fin de compte, davantage une éthique profonde de l'Homme, avec de très profondes implications, que la simple acception qu'on en peut avoir habituellement. L'estime de soi est à la base de tout ce qui permettra réellement, une fois atteinte la perfection morale et l'accomplissement de son propre bonheur, de fonder une société humaine fonctionnant en bonne harmonie. Le bonheur, fondé sur la Raison, ne peut cependant être assimilé au plaisir, fondé sur le seul désir. L'auteur s'appuie ainsi sur l'exemple du plaisir que peut ressentir un voleur, dont la valeur éthique ne peut être comparée au désir de produire, bien plus exigeant mais plus propice à l'estime de soi. Ayant lu cet ouvrage il y a déjà deux ou trois ans, je ne saurais être complet. Mais comme je le disais en préambule, il est difficile de résumer l'oeuvre particulièrement riche d'un auteur complexe et non conformiste, que le philosophe Alain Laurent qualifie d'ailleurs d'inclassable. A lire, donc, pour pouvoir mieux fonder ou enrichir sa réflexion. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
12 internautes sur 17 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Un grand classique mis à l'honneur.,
Par Johan Rivalland (LEVALLOIS-PERRET France) - Voir tous mes commentaires (TOP 50 COMMENTATEURS) (VRAI NOM)
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Vertu d'égoïsme (Broché)
Voici une oeuvre majeure qu'Alain Laurent a eu la bonne idée de faire figurer en bonne place au coeur de sa Bibliothèque classique de la liberté .Pas facile de résumer Ayn Rand, d'autant que nous avons affaire ici à une pensée particulièrement complexe. L'auteur oppose, dans ce recueil, une philosophie morale et politique de l'individu aux principes d'altruisme tels qu'on les entend dans une vision idéologique tendant vers le collectivisme. Sa philosophie objectiviste s'oppose, en effet, aux dérives anticapitalistes ou étatistes, qu'elle accuse d'étouffer la libre initiative et de violer le droit naturel des individus (voir sur ce sujet l'admirable ouvrage de Patrick Simon). Loin de respecter toujours les droits de l'individu, fondés sur le libre consentement, le contrat et la propriété et reposant sur l'appel à la Raison, le collectivisme opère un transfert du droit vers le domaine économique, à travers les fameux « droits à » qui substituent des droits collectivisés détenus par des groupes à ceux qui devraient faire de l'Homme une fin en soi. Ayn Rand montre comment une telle conception engendre de graves effets pervers, puisque le racisme en est une résultante extrême, à la source notamment des totalitarismes Nazi ou communistes. Là où la vertu d'égoïsme, qu'on ne saurait toutefois apparenter à une simple apologie de l'hédonisme, respecte profondément l'individu dans ses choix moraux, les conceptions étatistes de l'altruisme impliquent le sacrifice (obligatoire) à la collectivité, supposée être située au-dessus de tout principe éthique, « puisqu'elle est la source, la norme et le critère de l'éthique (...) ». La vertu d'égoïsme est, en fin de compte, davantage une éthique profonde de l'Homme, avec de très profondes implications, que la simple acception qu'on en peut avoir habituellement. L'estime de soi est à la base de tout ce qui permettra réellement, une fois atteinte la perfection morale et l'accomplissement de son propre bonheur, de fonder une société humaine fonctionnant en bonne harmonie. Le bonheur, fondé sur la Raison, ne peut cependant être assimilé au plaisir, fondé sur le seul désir. L'auteur s'appuie ainsi sur l'exemple du plaisir que peut ressentir un voleur, dont la valeur éthique ne peut être comparée au désir de produire, bien plus exigeant mais plus propice à l'estime de soi. A lire, pour pouvoir mieux fonder ou enrichir sa réflexion. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
6 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5
L'homme désocialisé,
Par Jean-paul Lacharme (Marseille, France) - Voir tous mes commentaires (TOP 500 COMMENTATEURS) (TESTEURS) (VRAI NOM)
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Vertu d'égoïsme (Broché)
Ayn Rand, à peu près inconnue en France a reçu dans les années soixante, et dans une mesure conservé, une certaine célébrité outre-atlantique. Elle représente bien la philosophie des libertariens conservateurs basée sur un individualisme radical. Cet ouvrage qui réjouira les cyniques de tout poil est emblématique. L'Homme strictement ramené à sa dimension individuelle n'a qu'un seul droit fondamental : celui à sa propre vie confondu avec le droit de propriété sans lequel « rien n'est possible » (p.25). Ses préoccupations doivent se limiter à un échange équilibré et respectueux avec ses proches congénères. Le reste n'a pas à être pris en considération. Rand est athée, donc toute forme de morale altruiste religieuse est stigmatisée d'avance.
Mais le postulat fondamental de l'éthique de Rand est le suivant : la société qui a pris la place de Dieu n'existe pas comme entité (p.106). Il s'agit juste d'une forme subjective. Exit donc le social, le lien social, la socialisation humaine, les classes sociales, les sciences sociales ... Si ce point était réellement démontré, il s'agirait d'une découverte scientifique majeure. Mais il ne l'est pas et d'ailleurs l'auteur ne peut s'empêcher d'utiliser régulièrement ce mot au fil du texte. En conséquence de quoi elle peut dénoncer deux monstruosités : d'abord le collectivisme. Ce terme ne recouvre pas seulement les formes d'organisation sociale de la dictature stalinienne qu'elle a fuit en 1924, mais toute forme d'organisation collective ou publique. Seule la nécessité d'une armée pour la défense du territoire échappe à sa vindicte (elle ne connaissait pas encore Blackwater). La seconde monstruosité dénoncée par l'auteur est l'altruisme. L'attitude des hommes qui se dévouent et se sacrifient à la collectivité lui est intolérable. Exit donc, Gandhi, Thérésa et tutti quanti : ce sont des monstres. Le seul système qui trouve grâce à ses yeux, celui qui soutient par nature les droits individuels et la liberté de l'individu est le capitalisme (p.105), et les États-Unis sont la première société morale de l'histoire (p.108). Tant pis pour le génocide indien et l'esclavage des noirs. Notons cependant la profession de foi antiraciste du dernier chapitre. La démarche éthique est originale. Elle s'oriente cependant de façon orthogonale à la typologie éthique de Bentham et Mill dont elle considère la philosophie comme un « hédoniste social » condamné sans nuance (p.66). L'individualisme « objectiviste » de Rand n'appartient donc pas à la mouvance utilitariste. Sur la forme, le style est direct, polémique, l'argumentaire est ponctué de déclarations à l'emporte-pièce et d'exemples de pertinence douteuse. On est loin de la finesse et de la subtilité (et de la difficulté) des démonstrations d'un Robert Nozik. En revanche, c'est facile à lire d'où le succès de librairie, en outre il y a quelques bonnes idées au milieu du tout. Si l'on considère le postulat de base (la société n'a aucune réalité objective) comme faux, alors il s'agit d'un ouvrage de mauvaise philosophie. Cependant, même dans ce cas, j'en conseillerais fortement la lecture car ce type d'idées largement endossé par le Reaganisme et le Tatchérisme des années quatre vingt demeure fortement ancré dans la tête des élites libérales qui gouvernent le monde. Ma note intègre cet aspect des choses. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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