Critique
Les gens de Mercury sont bien braves et honnêtes, mais un tantinet psychorigides. Ainsi, ne se sont-ils pas embarrassés de pudeurs artistiques au moment de l’élaboration du programme de The Very Best of Dusty Springfield, pointant les tubes de la dame de part et d’autre de l’Atlantique de 1964 et 1967, et y adjoignant, après arrangement avec Atlantic, les deux pures merveilles que constituent « Son Of A Preacher Man », et « A Brand New Me ». Autant dire qu’une sélection alignant « I Only Want To Be With You », « The Look Of Love », « Wishin’ And Hopin’ », ou les deux impeccables chansons précitées, souffre difficilement la moindre critique.
De même, la brigade de compositeurs convoqués (Carole King, Burt Bacharach, Ivor Raymonde) ressemble trop à un
Who’s Who du genre, pour générer autre chose que le respect. Enfin, la dame elle-même, démontre, si besoin était, son statut de pure merveille de la chanson populaire du XXème siècle.
Seul bémol : la présentation dans le plus parfait désordre chronologique impose que l’on se rue sur le sélecteur de plages, afin de mieux goûter l’évolution d’une artiste, aussi à l’aise dans des refrains pour teenagers, fortement inspirés de la philosophie du son de Phil Spector, qu’au cœur de certaines mélodies, nourries de la tradition sudiste (des États-Unis, naturellement) la plus virulente. En lever de rideau de l’entièreté de l’œuvre, ou en guise de mise en bouche, une compilation de vingt titres, naturellement indispensable.
Christian Larrède - Copyright 2012 Music Story
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VERY BEST OF DUSTY SPRINGFIELD