Björk est une enchanteresse... Que ce soit dans la dance émotive de "Debut" ou les orchestrations fondantes et lyriques de "Homogenic", la compositrice excelle toujours. Avec "Vespertine", la Björk désespérée du précédent opus laisse place à une femme qui se repose sur les rondeurs d'un nuage, dans une forêt suspendue de coton et de verre. La voix, moins excessive qu'auparavant, se rapproche du souffle, les beats électroniques, réduits à de petits craquements, se mêlent aux sons organiques d'une harpe, d'un célesta ou d'antiques boîtes à musique. D'une beauté absolue, aussi inquiétante qu'apaisante, les premiers titres tissent un soigneux cocon dans lequel l'auditeur se réchauffe avant de se retrouver en pleine nuit, dans une forêt, sous des rafales de neiges, lors de la majestueuse chanson "Pagan Poetry", la meilleure de l'album. Cependant, "Aurora" annonce le retour du soleil et l'auditeur rentre à nouveau dans son cocon pour n'en ressortir qu'à la fin du magnifique "Unison". La pochette de toute beauté témoigne parfaitement de l'onirisme de "Vespertine". L'ALBUM DE TOUS LES TEMPS.