Tandis que Virgin et Naive multiplient les parutions consacrées à l'oeuvre lyrique de Vivaldi, voici un retour salutaire et conséquent(double album !) à la musique sacrée du Prêtre Roux. C'est aussi un retour aux re-créations de cérémonies liturgiques jadis si prisées, avec l'inclusion de psaumes et d'antiennes. On se remémore ainsi les exploits de Paul Mac Creesh dans Gabrielli, Biber et Praetorius, mais aussi de Gabriel Garrido dans le répertoire baroque sud-américain. Du reste, Alarcon est un disciple de Garrido, ceci expliquant sans doute cela. Plus chatoyant et exubérant qu'Alessandrini, par exemple, Alarcon bénéficie en outre d'une prise de son live flatteuse qui restitue avec bonheur la réverbération de l'abbaye d'Ambronay dont Alarcon connaît tous les secrets. L'orchestre formé de 16 instrumentistes seulement sonne ainsi beaucoup plus large et pour qui n'importent que la fascination sonore des instruments anciens et les zooms acoustiques concoctés en studio, il faudra aller chercher ailleurs. Ici, c'est une fête des sens autant que des sons, un mysticisme rutilant vénitien comme il est autorisé de l'imaginer. Alternance des ch½urs et des solistes, la réussite est totale dans une optique beaucoup plus chaleureuse, sinon opulente, que les enregistrements de l'intégrale de Naive. Magnifique alternative qui enrichit la discographie sans disqualifier qui que ce soit (et qui permet de découvrir le Dixit Dominus RV 807, récemment attribué à Vivaldi dans la version conservée à Dresde). Livret superbe, comme nous habitue désormais Ambronay.