Télérama
Michèle Lesbre, écrivain subtile, hantée par le travail du temps et l'usure des rêves, rencontre Victor Dojlida en 1989, en lisant le journal. A l'inverse des héros de ses livres, lui n'a jamais renoncé. A 64 ans, il vient de payer de quarante années d'enfermement l'exercice d'une rage inextinguible et le refus, toujours, du « chemin droit », quand celui-ci est synonyme de lâcheté. Michèle l'approche.
En s'adressant à lui pour reconstituer son histoire, d'une écriture à l'émotion limpide, Michèle Lesbre restitue la voix de plus en plus rauque du vieil homme en colère. Son livre prend alors toute sa dimension, celle d'un défi au temps et à l'oubli, parfaitement résumé dans cette phrase du philosophe Vladimir Jankélévitch, placée en exergue : « Les morts dépendent entièrement de notre fidélité.» --Michel Abescat
En s'adressant à lui pour reconstituer son histoire, d'une écriture à l'émotion limpide, Michèle Lesbre restitue la voix de plus en plus rauque du vieil homme en colère. Son livre prend alors toute sa dimension, celle d'un défi au temps et à l'oubli, parfaitement résumé dans cette phrase du philosophe Vladimir Jankélévitch, placée en exergue : « Les morts dépendent entièrement de notre fidélité.» --Michel Abescat
Quatrième de couverture
Victor Dojlida est né en 1926, en Biélorussie, Il a trois ans et sa soeur Clara dix-huit mois lorsque sa famille émigre en Lorraine en 1929, pour s'établir d'abord à Trieux où le père est employé à la mine, lutin à Homécourt, où il entre aux aciéries. Le 10 mai 1940, la première bombe s'écrase sur Homécourt. L'école ferme. Victor ne passera pas le certificat d'études. Malgré son jeune âge, il s'engage dans diverses actions, et entre dans la Résistance. En février 1944, il est arrêté, son réseau a été dénoncé. C'est la déportation et les camps. Il a presque vingt ans lorsqu'il revient. Le juge qui l'a livra à la Gestapo et le policier qui a dénoncé son réseau sont encore en place. Ce n'est pas supportable, pour ce jeune homme rescapé de l'enfer. Commence alors l'enchaînement des faits qui le conduiront en prison pendant près de quarante ans.