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Un certain 11 juin 1851, la Cour d'assises de Paris a une drôle d'allure. Devant un parterre de lettrés et d'artistes, il y a là Charles Hugo, journaliste à L'Événement, accusé d'avoir outragé la loi en décrivant l'exécution d'un braconnier guillotiné à Poitiers. Son avocat est Victor Hugo, son père. La plaidoirie est une dénonciation éloquente de la peine de mort :
Ce reste de pénalités sauvages, cette vieille et inintelligente loi du talion, cette loi du sang pour le sang, je l'ai combattue toute ma vie, messieurs les jurés. Et tant qu'il me restera un souffle dans la poitrine, je la combattrai de tous mes efforts comme écrivain, de tous mes actes et de tous mes votes comme législateur.Charles Hugo fut cependant condamné à six mois de prison. Il n'en reste pas moins que Victor Hugo est resté fidèle à sa parole, à une idée, une obsession même, traversant toute son existence tumultueuse : l'abolition de la peine capitale. Pour qui que ce soit. Qu'il s'agisse de Maximilien, empereur déchu au Mexique, de John Brown, anti-esclavagiste condamné à la pendaison, des nihilistes russes, des patriotes irlandais ou des communards. Cette volonté, née dès les années 1820, s'est affichée dans ses discours politiques, ses pièces de théâtre, ses romans, ses recueils poétiques. À commencer par les Odes et Ballades (1822) ou Le Dernier jour d'un condamné (1829), époustouflante plaidoirie ; à suivre par Notre-Dame de Paris (1833), Les Contemplations (1856), Les Misérables (1862), Les Actes et Paroles (1875) et La Légende des siècles (1883). C'est précisément un recueil de ces textes, d'extraits puisés ici et là, que rassemble ce précieux ouvrage. Avec un double avantage, celui d'indiquer clairement les sources et de bénéficier d'un avant-propos signé par Robert Badinter, cet autre abolitionniste de la peine capitale, qui obtiendra gain de cause en 1981. --Céline Darner
Présentation de l'éditeur
Ce livre présente le combat de Victor Hugo contre la peine capitale sous un angle inédit. Il ne relate pas seulement l'histoire d'un combat politique, mais retrace l'autobiographie intellectuelle d'un homme hanté par la mort donnée à un homme au nom des hommes, un de ces crimes publics "qu'on nomme exécutions judiciaires". Extraits de romans et poésie, écrits politiques et théâtre, correspondance et carnets intimes : ces textes parcourent le chemin du gibet, désignent les sanguinaires, éveillent la terreur et la pitié, brandissent les têtes coupées.
16 x 20,8 cm.
16 x 20,8 cm.