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Une biographie d'un nouveau genre. Son objet ? Le destin d'un serial-killer à la Belle Époque, Henri Vidal, minutieusement retracé par deux chercheurs en sciences sociales et en histoire contemporaine. Se limiterait-il à ses dimensions biographiques et historiques que l'ouvrage en serait déjà passionnant. Mais il va beaucoup plus loin. Extraits de journaux, comptes-rendus judiciaires et autobiographie du criminel lui-même – condamné à mort en 1902, il est grâcié et envoyé au bagne de Cayenne où il meurt en 1906 – forment la texture biographique de celui que la France entière surnomme alors "le tueur de femmes". Pas une parole des auteurs ne vient parasiter cette étonnante compilation d'écrits originaux. Car il s'agit pour Philippe Artières et Dominique Kalifa de "monter des discours comme on monte des images" afin d'expliquer comment se construit dans la société la figure d'un criminel. À la lecture de la pléthore de documents qu'a suscités l'assassin émerge ainsi un autre Vidal : un Vidal de papier, aux multiples facettes.
Un essai de biographie sociale unique en son genre et qui devrait faire date. --Yves Fraillont
Quatrième de couverture
En décembre 1901, Henri Vidal, un hôtelier de Hyères âgé de 34 ans, agresse à coups de couteau deux jeunes prostituées. Quelques jours plus tard, à Tamaris près de Toulon, il assassine une autre fille publique. Il récidive à la fin du mois, en tuant cette fois une jeune Suissesse rencontrée dans un train, entre Beaulieu et Eze. Arrêté parce qu'il voyageait sans billet, celui que le pays tout entier va surnommer le « tueur de femmes » est condamné à mort par la cour d'assises de Nice en novembre 1902. Gracié par le président Loubet, il est envoyé au bagne de Cayenne où il meurt en juillet 1906.
Mais entre-temps, l'assassin a suscité une immense littérature, sur laquelle se fonde cette reconstitution biographique : faits divers bien sûr, chroniques journalistiques, témoignages, commentaires des magistrats et des experts, signés des plus illustres criminologues du temps, ainsi qu'une autobiographie du criminel, rédigée dans sa cellule l'été précédant le procès. A partir de ces nombreux matériaux, et sans ajouter le moindre mot aux paroles des contemporains, les auteurs ont réalisé un très étonnant montage, qui permet bien sûr de dérouler le film de cette existence singulière, mais qui montre aussi comment une société, dans sa diversité et parfois ses contradictions, construit la figure d'un criminel.
On n'a jamais rien lu de pareil en histoire et le résultat est si saisissant qu'il fait songer aux textes les plus célèbres de micro-histoire.