5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
Une farce campagnarde menée par trois vieux de la vieille sur des dialogues percutants de Michel Audiard., 25 février 2011
"Les vieux de la vieille" est une comédie franco-italienne de Gilles Grangier (1960-1h32)
Scénario : Michel Audiard (dialogues), René Fallet (d'après son roman) et Gilles Grangier
Photo (noir et blanc): Louis Page / Musique : Paul Durand et Francis Lemarque / Montage : Paul Cayatte
Casting : Pierre Fresnay (Baptiste Talon), Jean Gabin (Jean-Marie Péjat), Noël-Noël (Blaise Poulossière), Mona Goya (Catherine), Yvette Etiévant (Louise), Yane Barry (Mariette), André Dalibert (Anselme Poulossière)...
Synopsis : Trois pittoresques vieillards, portés sur la bouteille, sont insupportables pour les gens du village. La répartie facile, ils ridiculisent ceux qui osent les contrarier. Le plus jeune des trois, Baptiste talon vient de rentrer au village après avoir été mis à la retraite des Chemins de Fer. Il annonce à ses amis, Jean-Marie Péjat et Blaise Poulossière, qu'il va rejoindre l`hospice de "Gouyette" où l'attend son ancien collègue "Malvoisin". Ses amis sont atterrés...
Il y a deux façons d'aborder ce film. La première qui consiste à ne voir qu'une grosse farce paysanne qui s'égraine durant une heure trente de facéties parfois lourdes et truffées de dialogues du terroir qui roule les «R», mâtinés patois et parfois presque incompréhensibles. La deuxième qui, sans aucun a priori, pousse le spectateur qui veut se divertir à regarder trois grandes pointures du cinéma français, Gabin, Noël-Noël et Fresnay, utiliser (avec quelques difficultés, d`ailleurs) l'accent et le patois pour distiller des dialogues, d'Audiard, extrêmement ajustés aux personnages du cru.
Le problème étant posé je ne m'aventurerais pas à laisser croire que tout est superbe et que ceux qui critiquent ont tort. Non... ceux qui n'apprécient pas ce film ont leur raison et libre à eux de le rejeter mais s'ils se donnent un peu la peine de faire un effort et rejoignent les inconditionnels du film, ils savoureront cette histoire qui peut, par moments, faire sourire et même rire, mais surtout qui porte un témoignage sur la vie d'un village de France dans les années cinquante. Sans télévision, mais avec le cinéma du samedi soir, le bal itinérant que l'on monte et démonte au gré des besoins et tous les habitants qui se connaissent depuis l'école et ne s'éloigneront jamais trop de l'endroit qui les a vu naitre. Le certificat d'études qui clos la présence à l'école et dont la plupart des élèves se contenteront pour satisfaire aux besoins d'un métier. Cette vie campagnarde avait les règles de conduite et de solidarité de son époque et il parait nécessaire que ceux qui n'ont pas connu cela, prennent aussi ce film comme un témoignage, sympathique, de vie de leurs aïeuls.
Beaucoup plus étoffé, que le film, le roman de René Fallet comprend beaucoup plus de situations et Gilles Grangier a surement eu bien du mal à convaincre l'auteur de couper au plus juste pour que le métrage tienne sur une heure trente. D'autant que près de la moitié de la durée du film se compose de situations mettant en avant les dialogues qui sont, il faut bien le reconnaitre, pour une grande part dans la réussite de ce film. Toutefois si les propos sont drôles, la diction au travers d'accents du terroir est pour certaines personnes à la limite de l'incompréhension d'autant que si Jean Gabin s'en tire plutôt bien, Noël-Noël est un peu moins crédible et Pierre Fresnay a bien du mal avec ce personnage qui l'oblige à forcer la note et cabotiner quelque peu. Par contre tous les seconds rôles jouent avec naturel et sont parfaitement à leur place. Bien des répliques des dialogues d'Audiard sont passées, au travers des cours d'écoles ou du bistrot du coin, dans le langage courant. C'est d'ailleurs un juste retour des choses puisque la plupart des dialoguistes ont puisé leur inspiration devant un petit verre en écoutant les propos souvent très drôles de malicieux clients.
Je ne résiste pas au plaisir de vous narrer une des répliques du début du film (9e mn), Quatre joueurs de belotte saluent le retour au pays, du cheminot. Il y a Etienne (Gabriel Gobin), Léon (Paul Faivre), Le fils Goujon (Albert Michel) et le fils Bleuzet (Charles Bouillaud). Plus loin, nos trois compères sont assis devant une chopine. Baptiste (Pierre Fresnay), parle de la ligne de chemin de fer qu'il parcourait : « - Etampes... Phitivier... Etampes... Tous les jours ! Vous savez ce que ça fait ? Ca fait dix fois le tour de la terre ! ». Le fils Bouillon : « - Les voyages, on a beau dire, rien de tel pour voir du pays ! ». Léon : « - Bah... J'pense bien, c'est pas les curiosités qui manquent ! ». Etienne : « - Ah... Moi et ma femme ont en cause souvent... S'qu'ont aimeraient connaitre, nous autres, c'est le temple d'Angkor ! C'est rare ça, le temple d'Angkor ! ». Jean-Marie (Gabin) : « - J'pense ben qu'c'est rare... Surtout entre Etampes et Pithiviers... J'voudrais faire d'peine à personne, Etienne... Mais plus c.. qu'toi c'est rare aussi ! ». Grosse colère des joueurs de cartes et éclats de rire des trois compères.
Noël-Noël (1897-1989) c'est aussi: 1945 "
La Cage aux rossignols", 1946 "
Le Père tranquille", 1949 "
Retour à la vie", 1957 "
A pied, à cheval et en voiture", 1959 "
Messieurs les ronds-de-cuir", 1962 "
Les Petits Matins"... Etc.
Conclusion : Une farce campagnarde qui peut ne pas plaire à certains mais, ceux qui l'apprécieront passeront un bon moment de détente et de rire, tout en retrouvant ou découvrant la vie d'un petit village des années 50.
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui
Non
5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
satire comique irrésistible!, 30 janvier 2008
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Vieux de la vieille (DVD)
Une comédie très drôle , entièrement construite autour du trio phénoménal de vieux!!.Les dialogues pétillants d'Audiard , matiné du patois local sont hilarantes! Cette farce est réaliser par Gilles Grangier d'agréable manière.
Un film des temps anciens qui rend nostalgique, mais qui m'apporte tellement de plaisir. C'est un moment d'éternité .
une phrase d'audiard du film :
Si vous allez aussi vite que je vous emmerde , pour une fois vous serez en avance sur l'horaire!.
A la goulette, les vieux gars!! tournage àApremont et au sables d'olonne.
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui
Non