Le roman que nous propose Didier Convard dans un genre "polar historique" pose une hypothèse de départ fort originale, et non dénuée d'intérêt : Léonard de Vinci aurait pu être une sorte de génie bipolaire qui utilisait son intelligence tant à la réalisation du Bien que du Mal.
Cette idée posée, Convard nous plonge dans la vie du Vinci en alternant faits réels (les changements géographiques d'habitation, les inventions, les peintures, ...) et faits imaginaires (les activités morbides principalement). L'écriture est limpide, l'auteur construit facilement un suspense tangible et le lecteur se laisse bercer par cette histoire criminelle de voleur de visages dans l'Italie du XVème siècle.
Toutefois, quelques imperfections gâchent un peu ce polar. Tout d'abord, certains enchaînements situationnels fonctionnent mal et font retomber l'intensité instaurée par l'auteur, ce qui est évidemment dommageable pour un roman à suspense. Hormis cela, c'est surtout le dénouement final, beaucoup trop abrupte, qui prend le lecteur au dépourvu tant par sa naïveté que par sa simplicité, après une histoire aux moult rebondissements extraordinaires. C'est un peu décevant, même si cela n'entache pas l'ensemble de l'ouvrage de Didier Convard.