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René Girard a raison..., 24 janvier 2010
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... au moins sur deux points : le "bouc émissaire" et le "mimétisme".
Le bouc émissaire, tout d'abord : quand un groupe humain (société, tribu, clan...) est en crise, doute de lui-même, le mécanisme ancestral, "naturel", est de désigner un bouc émissaire ("ce pelé, ce galeux d'où nous vient tout le mal"...) - individu, sous-groupe, ethnie - qui sera massacré et permettra au groupe de retrouver son unité et sa dynamique (voir "Purifier et détruire", ci-dessus).
Le mimétisme, ensuite : j'envie l'autre, je veux lui ressembler, le dépasser, être comme tous les autres tout en étant différent... éternelle rengaine de l'esprit humain (La Rochefoucauld : "Un homme bien né est un homme né sans envie".).
Il y a encore beaucoup d'autres pistes de réflexion dans cet excellent livre, écrit sans jargon, il faut le souligner.
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le meutre collectif aux origines de la culture, 7 octobre 2009
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René Girard étudie dans ce livre les mythes, les rites sacrificiels, et fait apparaître le rôle de la violence collective dans l'emmergence du sacré, des institution religieuses et politiques, et plus ou moins directement dans tous les aspects de la culture et de la civilisation.
À première vue, pas grand chose à voir avec son premier livre, « Mensonge romantique et vérité romanesque », mais il y a bien une continuité entre les deux : la démarche est la même, il s'agit de comprendre les mécanismes qui régissent l'humanité, en tirant parti de ce que peuvent nous apprendre les grands auteurs (ici, les tragédiens grecs, et dans une moindre mesure Shakespeare), et on conclut une nouvelle fois sur le rôle crucial du mimétisme.
Précisons que contrairement à ce qu'on peut lire ici ou là (en particulier sur la 4e de couverture de certains de ses livres), ce que propose Girard n'est pas un système philosophique mais bien une théorie anthropologique (il récuse tant le terme de système que celui de philosophe).
En première lecture, on peut avoir l'impression que sa théorie n'est pas suffisamment fondée et qu'il en exagère la portée. Il ne faut pas hésiter à lire ses livres suivants, comme « Des choses cachées depuis la fondation du monde » ou « Les origines de la culture », pour clarifier les choses.
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14 internautes sur 16 ont trouvé ce commentaire utile :
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Analyse du sacrifice, 16 septembre 2007
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Cet ouvrage, le second après celui de "Mensonge romantique et vérité romanesque" prolonge la réflexion de René Girard sur la nature mimétique du désir. Le désir est mimétique ("je désire ce que désire le médiateur / le modèle / celui que je désire") ; la violence est également mimétique. Quelle était la signification du sacrifice dans les sociétés primitives ?
" Dans ces sociétés, les maux que la violence risque de déclencher sont si grands, et les remèdes si aléatoires, que l'accent porte sur la prévention. Et le domaine du préventif est avant tout religieux. La prévention religieuse peut avoir un caractère violent. La violence et le sacré sont inséparables. L'utilisation "rusée" de certaines propriétés de la violence, de son aptitude, notamment à se déplacer d'objet en objet se dissimule derrière l'appareil rigide du sacrifice rituel."
La violence se nourrit de la violence. Elle culmine dans les sociétés primitives à des niveaux qui peuvent la détruire. Le sacrifice de la victime émissaire permet à la société de se retrouver. René Girard développe son analyse de la violence fondatrice de la genèse des mythes et rituels à la critique de Freud et du complexe d'Oedipe au structuralisme de Levi-Strauss.
"Tout rituel religieux sort de la victime émissaire et les grandes institutions humaines, religieuses et profanes, sortent du rite."
René Girard précisera ensuite la qualité de la victime émissaire dans son ouvrage "Le Bouc Emissaire" et découvrira avec sa lecture la figure du Christ (celle annoncée par Job et celle décrite dans les Evangiles) dans "Je vois Satan tomber comme l'éclair", "Celui par qui le scandale arrive".
Le meilleur ouvrage (le plus abouti) de René Girard est selon moi, "La voix méconnue du réel", l'un de ses tout derniers.
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