Très beau, belle écriture très fine, très poétique, belle histoire, à la frontière entre surréalisme et science-fiction. Née en 1920, Gisèle Prassinos fut, à 14 ans, l'égérie des surréalistes. "Le Visage effleuré de peine" date de 1962 et est l'oeuvre d'une écrivaine en pleine maturité, maîtrisant admirablemennt son écriture. "Le Visage effleuré de peine", c'est celui du savant au cerveau artificiel, ancien mineur de fond, ancien danseur, visage qu'aperçoit fugitivement sa jeune femme, à laquelle il semblait indifférent, au moment où elle fait mine de s'enfuir.
Les thématiques de ce petit roman sont riches et ne s'épuisent pas en une seule lecture. L'une d'entre elle est que l'héroïne y raconte beaucoup d'histoires (souvent inventées), qu'on lui raconte aussi des histoires, et que ces histoires s'emboîtent et finissent par se rejoindre, comme dans "Le Manuscrit trouvé à Saragosse" de Jan Potocki.
Un roman qui fait rêver et laisse songeur, qui se lit vite mais s'oublie lentement.