Avec ce film, Takashi Miike nous offre sa vision toute personnelle de l'amour, qu'il soit familial, sentimental ou encore physique.Un film qui provoquera sans aucun doute possible l'enthousiasme des anticonformistes de tous poils comme le rejet prévisible et définitif des biens pensants.Film tourné seulement deux ans après "Audition", autre film branque dans lequel un homme dont la femme vient de décéder assiste au casting qui lui permettra de trouver celle qui remplacera sa bien aimée disparue et qui tombera entre les griffes d'une jolie jeune femme aux penchants S.M particulièrement hard et la même année que "Ichi The Killer", film de Yakuzis totalement absurde et déjanté , "Visitor Q" n'est pas le film de commande qu'il semble être ni une production à petit budget qu'une vidéo numérique tournée à l'épaule pousse à ranger aux cotés d'innombrables navets tournés avec deux francs six sous.Il est difficile de croire pourtant que le film reflète de manière réaliste la vie d'une famille japonaise moyenne tant la caricature semble grossière et parfaitement fantaisiste.
La famille Yamazaki, (dé)composée du père, de la mère et de leurs deux enfants vit dans une de ces nombreuses maisons traditionnelles japonaises qui font l'un des charmes de ce pays d'Asie.Dès le départ on constate un goût démesuré chez le réalisateur pour les situations les plus abracadabrantes et subversives lorsque par exemple il fait de la jeune Miki Yamazaki une prostituée des bas quartiers qui contre une certaine somme d'argent accepte d'avoir son père comme client.Un père que l'on déteste donc très vite puisqu'il semble n'avoir pour sa famille qu'un profond mépris puisqu'afin de tourner LE reportage qui lui permettra de lancer sa carrière de journaliste, il n'hésite pas un instant à filmer les maltraitances dont est victime son fils auprès de ses camarades de classe sans jamais lui venir en aide.Un fils qui semble prendre un malin plaisir à reporter toute sa haine sur sa mère puisqu'il la bat régulièrement.A l'image du père, le fils est parfaitement détestable dans son comportement même si sa condition de souffre douleur essaie tant bien que mal de nous faire avaler la pilule.
La mère elle, tout comme sa fille, se prostitue afin de se pourvoir en came.Elle est, dans cette famille atypique, la seule à avoir un semblant d'âme et d'ailleurs, plus loin dans le film, au contact du fameux Visitor Q dont finalement nous n'apprendront rien mais qui fera le ménage en grand dans la famille Yamazaki, elle finira par nous émouvoir........de façon relative malgré tout.
"Visitor Q" qui déjà semblait aller très (trop?) loin dans le trash et la provocation mettra un coup d'accélérateur dans l'existence de nos personnages voyant le spectateur halluciner à chaque plan devant un tel étalage d'horreurs.La mère se découvrira une passion démesurée pour le lait maternelle, le sien,et, debout au beau milieu de la cuisine et vêtue de sacs poubelle, elle pressera ses "mamelles" pour en extraire le divin breuvage et finira presque noyée sous des litres et des litres de lait.Le père lui, finira par devenir fou et, toujours à la recherche du scoop, il tuera par accident son ancienne maîtresse croisée par hasard sur une route puis emportera son cadavre chez lui pour pratiquer dessus de bien inavouables choses.Et des délires tels que ceux-ci, le film en a à la pelle.On ne pourra pas reprocher à Takashi Miike de manquer d'imagination mais sans doute d'être franchement graveleux lorsqu'il aborde des sujets aussi divers que la nécrophilie ou l'inceste...
Nouveau roi du trash asiatique et même mondial, Takashi Miike avec des films tels que "Visitor Q" ou encore "Ichi The Killer" donne un sacré coup de vieux aux spécialistes du genre, John Waters en tête.
Délirant...
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