Critique
On ne la raconte pas à Chrissie Hynde. On peut avancer que le temps a passé (près de vingt années depuis le premier album des Pretenders), et qu’elle ne constitue plus la dernière attraction en vogue. On peut même lui asséner qu’elle a trop déçu (
Get Close en 1986, et, surtout, le calamiteux
Packed! de 1990), elle restera intimement convaincu que Hynde est une star, et Pretenders son prophète.
Avec
Viva el Amor! (disque révolutionnaire s’il en est, sur fond rouge et auréolé d’un poing tendu), elle a raison. Car ce septième album studio, encadré d’une équipe enfin pérenne (et même Martin Chambers est revenu battre des tambours derrière elle), bénéficie de moments de grâce tout à fait inattendus.
Les chansons sont de nouveau justes, comme des sentiments affûtés, et pertinents, et la chanteuse, compositrice, et leader, ne se laisse plus aller à certaines indulgences, qui ont pu la conduire par le passé aux confins de la violence pour le plaisir du bruit, et à la périphérie de climats par trop niaiseux, par fascination de la romance. Le guitariste Jeff Beck vient même rendre une petite visite, et cela constitue une bonne occasion de compter les survivants. Et la reprise d’un
« Rabo de Nude » signé par le Cubain Silvio Rodriguez démontre amplement que l’ouverture d’esprit n’est plus un vain mot pour l’Américaine.
Même si
Viva El Amor! ne connaîtra qu’une modeste carrière dans les classements de vente britanniques et américains, l’album sera salué de critiques particulièrement louangeuses.
Christian Larrède - Copyright 2013 Music Story
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