De Katatonia j'ignorais tout ou presque... bien sur j'avais entendu dire qu'à l'instar d'un Paradise Lost, les Suédois évoluèrent d'un obscur doom/death à un heavy-rock tout aussi sombre au fil de leur carrière, mais c'était bien là toute l'étendue de mon savoir concernant le groupe. Et puis, attiré par la curiosité, l'ambiance dégagée par la somptueuse pochette (le travail de Travis Smith sur l'artwork est tout simplement ahurissant), le titre et les ouï-dire, je me décidais à sauter le pas. Ho la bonne idée ! Voilà résumé sur un album à peu près tout ce que j'aime dans la musique : grosses guitares (les riffs de « Wealth » rappelant très fort Meshuggah !) et désespoir latent (les paroles de Renkse et l'ambiance générale dégagée). Si le disque ne s'embarrasse guère de fioritures, la musique du groupe se veut cependant d'une grande finesse et trouve son ancrage dans une dynamique heavy-rock à structure quasi pop de couplets calmes en explosions de refrains. Et les refrains justement, parlons en. Il en devient dépossédant de constater avec quelle facilité Renkse semble aligner les refrains ultimes, de ceux que l'on fredonne toute la journée, sans pour autant sombrer dans la niaiserie ou la facilité, de ceux qui vous prennent littéralement aux tripes de par leur intensité (« Evidence » est à ce titre le meilleur des exemples). On pense souvent au Paradise Lost de « One second » ou au Opeth de ses passages les plus calmes tant le timbre de voix de Renkse se rapproche parfois de celui d'Akerfeldt. Il est pourtant évident que Renkse se trouve bien loin d'être techniquement le meilleur chanteur du monde mais à l'instar d'un Holmes (décidemment !), il fait parti de cette catégorie d'interprètes sachant transmettre la chose, ce truc qui fait que l'on sent la musique plus que l'on ne l'écoute simplement. A vrai dire, l'ensemble du groupe est à l'image de son chanteur, n'en faisant jamais trop (même si le jeu du batteur est particulièrement intéressant et fouillé par moments), mais instaurant l'ambiance... et la bonne, celle qu'on aime, celle qui fait de ce « Viva emptiness » un must.