Si j'avais rédigé ce commentaire après les trois premières écoutes complètes de l'album (d'affilée), ma "note" aurait été probablement plus sévère. Je me suis modéré, mais je me sens un devoir d'honnêteté.
Ça me déchire d'avoir à dire ceci : cet album est très décevant !
Ce résultat est triste, parce que je suis persuadé que Coldplay est intrinsèquement un excellent groupe, et plus anecdotiquement parce que j'ai des billets pour un de leurs futurs concerts...
Tout d'abord, je dois vous prévenir que la promo qui a vanté le caractère novateur, créatif de cet album est complètement mensongère.
Mon avis est que Coldplay s'est très mal entouré. Certains producteurs ou arrangeurs sont venus barbouiller les compositions du groupe (probablement intéressantes au départ) avec leur crème Chantilly, pour que Coldplay ressemble enfin à l'image que eux se font du "groupe de rock le plus important de sa génération".
L'émotion que Coldplay fait naître habituellement ne parvient alors que difficilement à franchir cette barrière indigeste.
J'ai lu que "Dès les premières séances, les musiciens ont été rejoints par Brian Eno et Markus Dravs", les coproducteurs...
En résumé, et très honnêtement, l'album ressemble à un hybride de U2 (déjà bien tartiné par Brian Eno) avec un peu de sauce Peter Gabriel (écoutez "Lost"). Deux groupes que j'ai aimés lorsque j'étais enfant, mais que je ne veux plus entendre en 2008 !
L'intro avec les cordes sur "Viva La Vida" n'a rien à envier à du Mylène Farmer (ça va lui faire plaisir, cet hommage).
"Lovers In Japan" aurait pu être interprété par Simple Minds.
"Cemeteries Of London" et "42" auraient pu être très bons. "Yes" me plaît bien. "Violet Hill", qui semble être le seul morceau à avoir échappé à des influences ou des retouches extérieures, est très bon.
Regardez la première interview de Coldplay (pendant qu'elle est encore présente sur Amazon.fr) qui me semble assez révélatrice. Chris Martin livre les clés de compréhension de la genèse de cet album et semble même s'en excuser : Ils sont "devenus partie intégrante d'une grosse industrie". Ils parlent de vouloir "revenir aux fondamentaux" (notamment pendant leur prestations scéniques), de leur désir de "redevenir un petit groupe de quatre". "Violet Hill" semble être un cadeau d'authenticité, offert aux fans en guise de rédemption.
Je pense (et j'espère) que cet album pourra effectivement être "rattrapé" par des performances épurées en concert.
Et malgré ces grosses ficelles dont je viens de parler, j'écris ces mots et j'écoute l'album, en dodelinant de la tête et en chantonnant (quel nul je suis...).