Le scénario de ce film est bien construit et bien écrit, et aussi bien réalisé... et c'est là que cela agace car Elia Kazan veut trop en faire : tracer la figure du héros sans peur et sans reproche, montrer la guerre des petits et sans grades contre les gros méchants corrompus, montrer la lutte de la terre contre les nantis, comme au bon vieux temps du cinéma soviétique. De ce point de vue, c'est réussi et Marlon Brando en rajoute une tartine épaisse comme cela. On sent que l'actor studio est passé par là. Tout est très travaillé dans son rôle : une diction épaisse (en VO), des mouvements lourds de paysan qui prend son temps, un entêtement buté. Rien de très naturel, et surtout pas cette attitude hiératique donné par la mise en scène qui fait de Zapata une icône intouchable. Le film est beau, certes, mais tragique comme du théatre grec. Seul Anthony Quinn, avec sa gouaille brouillonne, donne un côté humain à ce vernis lissé.