C'est aux concertos pour violons que l'on associe, à juste raison, la musique de Vivaldi. Toutefois, cette marque distinctive ne doit pas nous faire oublier que sa production pour le violoncelle, bien que moins importante, affiche des prétentions, elles aussi, assez exceptionnelles. Pour l'avoir jadis pratiqué avec succès, Christophe Coin connaît bien ce répertoire. Fort de cet enseignement, deux décennies plus tard, il se lance à nouveau sur les traces de cette remarquable musique lagunaire. Est-ce la preuve d'une sagesse acquise avec le temps ou tout simplement le fruit d'un travail mûrement réfléchi ? Quoi qu'il en soit, le violoncelliste semble davantage concentrer ses émotions. Même si parfois on peut regretter un léger manque de mordant (Allegro Non Molto du RV 401), sur l'ensemble de ces deux volumes, il affirme une rarissime pertinence de ton, s'appliquant tout particulièrement sur les tempos et sur la consistance des sonorités de ses instruments : un Alessandro Gagliano (v.1720), et un violoncelle piccolo Pieter Rombouts (v.1710) pour le RV 414. Dense ou ténu, mais toujours virtuose, il n'en privilégie pas moins l'élégance à l'exubérance. En cela, les mouvements lents sont prodigieux (Largo du RV 410, Andante du RV 419). Dans le droit-fil du soliste, l'équipe de Giovanni Antonini, Il Giardino Armonico, répond à la moindre de ses sollicitations. Tout en entourant son chant d'un luxe d'attention, leurs instruments d'époque savent aussi se montrer toniques et contrastés. Ensemble, ils composent un tout harmonieux et hautement mémorable, restituant à la musique de Vivaldi ce qu'elle a d'inestimable.