Les interpétations de Vivaldi qui m''avaient particulièrement intéréssé ces dernières années étaient, d''une part, celles de Giuliano Carmignola (les disques Divox avec les Sonatori, dont des Quatre saisons
Vivaldi: Les Quatre saisons , Concertos Op. 8; Concerto for violins & strings in Fqui peuvent suffire à mon bonheur) et d''autre part celles de Viktoria Mullova (si alerte dans son disque Onyx
Vivaldi : Violin Concertos). Il y avait donc de quoi se laisser tenter par le résultat de leur rencontre. L''accroche publicitaire du disque dit : « deux des plus grands violonistes d''aujourd''hui », et ceci est à mon avis tout à fait exact. Carmignola, qui a travaillé avec Milstein et Szeryng, est un soliste aussi fin qu''inspiré et complet (consultons sa biographie : créateur en Italie du concerto de Dutilleux, il n''est pas le spécialiste d''une période qu''on croit, et je ferais l''hypothèse que ce n''est pas sans rapport avec le résultat). Viktoria Mullova, formée à la dure école du violon soviétique, et à qui on doit depuis tant de belles choses, ne peut être taxée d''opportunisme depuis qu''elle a adopté les cordes en boyau pour ce type de répertoire. Ils sont ici des partenaires complices (en concert, ils ont aussi joué ensemble Bartok et Prokofiev). D''autre part, le programme est fait d''œuvres moins fréquentées que d''autres, séduisantes (des mouvements lents des concertos en ré mineur, en si bémol majeur, et en ut mineur particulièrement captivants). On sera frappé par l''aisance, mais aussi la délicatesse du jeu des solistes, qui évitent tous les effets appuyés si communs dans ce répertoire. Ils sont rejoints sur ce terrain, jusqu''à un certain point au moins, par l''orchestre qu''emmène Andrea Marcon.