La contribution de Vivaldi à ce "pasticcio" de style franchement napolitain n'est pas la meilleure musique qu'il ait écrite, et est comparable à celle des trois airs de Leo, Hasse et Giacomelli qui la complètent ici, mais elle méritait tout de même que Gilbert Bezzina tente, dès 1993, de nous en donner une idée : hélas, sa direction est sans relief, ce qui rend les récitatifs ennuyeux, et le plateau qu'il a réuni est très inégal. Pourtant, son orchestre sonne bien, dans une prise de son proche et aérée.
La meilleure prestation est sans doute celle de Philippe Cantor (Admeto), voix saine et belle ligne de chant, un des meilleurs barytons baroques français, fort sous-estimé. Le ténor John Elwes (Elmiro) ne démérite pas non plus, même si son timbre n'est plus celui des années 70. La soprano Maria Kristina Kiehr, dans le rôle-titre, montre une couleur agréable et naturelle, mais son émission droite et son absence de sens dramatique plombent son interprétation. La mezzo Consuelo Caroli (Eudamia) a elle aussi un joli timbre, mais un phrasé scolaire et des vocalises maladroites. Le contreténor Jean Nirouet (Nomio) a un timbre peu agréable, mais le plus pénible à entendre sont encore les affreux aigus de la soprano Laure Florentin (Filindo)...
Un disque sans concurrent, pour ceux qui n'ont pas la patience d'attendre une meilleure version...