La violoniste virtuose, Viktoria Mullova, s'est fait connaître pour de prestigieux enregistrements de musique «romantique». Aussi son incursion dans le répertoire baroque était vivement attendue. Et bien : pari tenu. Mullova accorde son Stradivarius « Jules Falk» en La 415 et revisite, à sa façon, quelques concertos du Prêtre Roux.
Sa remarquable prestation du RV 234 «L'inquiétude » m'a littéralement jeté par terre. Elle «scie» son violon avec une telle furie qu'elle fait effectivement naître l'inquiétude chez l'auditeur dérouté. Cette rage combinée à une incroyable vitesse d'exécution vient jeter un regard nouveau sur l'interprétation de ce concerto. On est loin des prestations sages de Biondi et de Carmignola. Si bien que l'on se demande quelle interprétation respecte effectivement la partition originale. Enfin...
Le «Grosso Mogul», concerto d'exhibition, qui ouvre le programme, permet à la soliste d'exprimer son savoir faire en toute liberté. Savamment appuyé pas nul autre que «Il Giardiono Armonico » tout au long du programme, Mullova prend manifestement plaisir à jouer ce répertoire dans lequel elle se moque de toutes les difficultés pour nous livrer des prestations sensationnelles.
Le plus que célèbre -et bien trop joué- concerto pour 4 violons de l'opus 3 est très convaincant. Plus rare, le RV 187 permet de découvrir une superbe gravure avec un violon alerte et leste. Le «Il favorito», qui m'a toujours ennuyé et qui clôt le programme, est rendu avec savoir-faire.
Superbe madame Mullova ! Chapeau !