En 2006, la grande et attachante mezzo-soprano américaine Vivica Genaux nous livrait - chez VIRGIN - cet album d'une très grande qualité, intitulé : "Arias - Haendel, Hasse". Ce disque était appuyé sur un répertoire qui sortait assez nettement de l'ordinaire. Certes, il nous donnait à redécouvrir des pages de Haendel, mais aussi celles d'un autre compositeur allemand qui s'était, lui aussi - mais directement en Italie - consacré tout particulièrement à l'opéra italien : Johann Adolf Hasse (1699-1783). Ce dernier n'est plus aussi méconnu aujourd'hui ; mais, étais-ce le cas il y a quelques bonnes années ? Merci donc tout d'abord à Vivica et aux musiciens qui l'entourent ici d'avoir contribué à la (re)découverte de cet excellent compositeur, qui créa des dizaines d'opéras (en partie détruits, ainsi que d'autres partitions, lors de l'incendie de Dresde par les Prussiens en 1760) ; et aussi de très nombreuses oeuvres de musique sacrée (oratorios, cantates, etc.), ainsi que des pièces purement instrumentales.
Ceci étant dit, l'essentiel de la valeur de ce CD réside bien-sûr avant tout dans la voix de Vivica Genaux, d'une souplesse et d'une agilité virtuose exceptionnelles, et qui présente une autre caractéristique extrêmement rare : l'étendue de sa tessiture. En effet, tout est là : les aigus, les médiums et les graves (et quels graves... !). Sans parler du "chant orné" et des "fioritures"...
Évidemment, au niveau de la qualité intrinsèque des arias, on pourrait chipoter, en disant que celles de Haendel apparaissent comme plus performantes et prenantes. Mais, doit-on vraiment toujours se limiter aux plus grands airs et aux plus grands maîtres ? Les baroqueux ne nous ont-ils pas appris qu'il fallait ouvrir toujours plus grand le champ des répertoires ? Il faut ajouter que le chef québecois Bernard Labadie, à la tête de l'ensemble Les Violons du Roy, souligne avec netteté toutes les articulations des différentes arias et soutient parfaitement la cantatrice.