Je compare souvent la dépendance maladive aux vêtements au tabagisme. Si je ne fume pas comme tous mes collègues, devraient-ils inventer un mot pour me désigner ? Je ne crois pas : eux, ils sont fumeurs. Moi je ne le suis pas.
De même, lorsque je choisis de ne pas porter de vêtements sans autre raison que la protection du froid etc., je ne suis pas... textile, tout simplement !
Le film montre la vie de ces hommes, femmes et enfants, qui ont compris que le textilisme est mauvais pour leur santé et bien-être, et que l'obligation "sociale" de porter des vêtements est une atteinte à leur dignité et au bon sens tout court.
Les textiles apprennent très tôt à leurs enfants que le corps humain est honteux et dégoûtant, qu'il est sale même si on vient de sortir de la douche. Comment est-il alors possible d'aimer, de respecter, de prendre soin de quelque chose de monstrueux ? Ce dégoût, qui est une forme de peur, se transforme nécessairement en une haine, envers soi et les autres.
Cacher notre corps comme si c'était un secret d'état, même si chacun sait ce que l'on cache (on est tous à peu près pareil !), apprend aux enfants l'hypocrisie dès leur plus jeune âge. Si nous leur apprenons à mentir à tout le monde, pourquoi s'étonner qu'ils retournent cette arme contre leurs parents ? Aussi, je crois, que le mensonge est le premier pas vers la délinquance...
Il est alors logique de s'attendre (et l'expérience actuelle des naturistes le confirme !) que si nous rejetons la norme éducative de la société textile (basée sur la peur, la haine, le mensonge et la violence), et basons notre éducation sur le principe très simple du respect (le vrai, pas un slogan vidé de son sens par des hypocrites), nous verrons nos enfants grandir bons, respectueux et forts. Et ils n'auront pas besoin de se droguer (tabac, alcool, télé, jeux vidéo, drogues) pour oublier la vie.
Bravo à l'auteur du film pour donner au spectateur une occasion de remettre à plat ses certitudes et questionner l'utilité sociale de ses préjugés !