Peu se souviennent de l'engouement qu'a suscité au milieu des 50's, l'avénement de ce jeune saxophoniste français, mais dont la famille s'est réfugiée aux States pendant la guerre et qui a eu tout loisir d'écouter Parker, Gillespie, Powell et Charlie Christian modeler cette nouvelle musique que l'on appella "bop".
Car Barney est doué, très doué même dira Pierre De Choqueuse. Il suffit d'écouter ses interventions sur "Nature Boy" pour s'en convaincre, Barney a la vélocité insolente d'un Parker, il a su se forger un style (déjà), il possède un son qui lui est propre, "une voix de velour qui porte le feeling au coeur de la musique comme son idole Lester Young" dira encore De Choqueuse.
Rarement depuis "Prez" on entendra une telle présence, une telle poésie. Ici Wilen se hausse au niveau des autres grands disciples de Young, Stan Getz, Al Cohn et Zoots Sims en tête.
Ce disque, où il est accompagné de Maurice Vander, Benoit Quersin à la basse et Al Levitt aux drums est un véritable feu d'artifice, Barney Wilen se jouant de toutes les difficultés techniques avec un culot propre à son insolente jeunesse.
Même le répertoire de Monk ne l'effraie pas et il s'accommode des entêtants "Blue Monk", "Misterioso" et
"Hackensack" avec brio.
Un disque et un musicien à réhabiliter, car Barney Wilen est bien oublié aujourd'hui.