Amazon.fr
Voir, être vu, ne sont pas des actes simples, engageant les seules fonctions sensorielles. Freud avait déjà mis en évidence, dans l'étude des perversions voyeuristes et exhibitionnistes du couple, que le regard pouvait être investi par la pulsion sexuelle. Il reviendra à Lacan d'établir un lien structurel entre le regard et le désir. C'est dans ce contexte théorique que Gérard Bonnet, psychanalyste, nous propose une réflexion originale sur ce qu'est "regarder" et "être regardé". Alors que le "voir" est en prise sur une image réelle, l'"être-vu" s'élabore à partir de la parole et du désir de l'autre. Cette thèse est soutenue à partir de l'étude initiale de deux chapiteaux romans de la basilique de Vézelay qui mettent chacun en scène une légende où il est question des enjeux sexuels de la dissimulation ou de l'exposition au regard. On comprend ainsi de manière concrète et sensible comment l'image (artistique, mais aussi onirique ou hallucinatoire) et le regard sont toujours structurés par du désir et des mots.
Un ouvrage clair et rigoureux sur une question passionnante dont l'intérêt et les enjeux apparaîtront d'autant mieux à un lecteur qui aura déjà fréquenté les oeuvres de Freud et de Lacan. --Emilio Balturi --Ce texte fait référence à une édition épuisée ou non disponible de ce titre.
Présentation de l'éditeur
Pourquoi est-il indispensable au sujet humain de s'exhiber à un moment ou l'autre pour se poser dans l'existence ? Pourquoi cet exhibitionnisme a-t-il pris aujourd'hui des proportions telles qu'il se présente de plus en plus comme un besoin vital pour lequel on est prêt à tout sacrifier ? Au terme d'une recherche longue et approfondie menée à partir des formes d'exhibitionnisme les plus diverses, depuis ses manifestations pathologiques jusqu'à ses réussites artistiques les plus indéniables, G. Bonnet montre pourquoi l'exhibition représente pour l'être humain un désir légitime, indispensable. C'est la façon la plus directe et la plus féconde de réagir aux messages énigmatiques qui ont été adressés aux origines et de se poser en retour comme un être unique et irremplaçable. L'exhibition se fait parfois séduction, mais ce n'est qu'un moment, un passage. Pour lui rendre sa véritable signification, elle est à situer dans l'axe des générations et en particulier dans le rapport au père qui en est l'interlocuteur principal. L'enjeu de cette analyse est considérable car le désir de s'exhiber conduit aujourd'hui plus que jamais aux pires atrocités comme aux plus grands exploits. Elle est toujours à poursuivre en tenant compte de sa dimension inconsciente, car c'est là qu'elle trouve sa véritable raison d'être.