Critique
Beaucoup le présentent comme un nouvel arrivant sur la scène de la pop française. À tort. François Marry a déjà un album solo à son actif et de jolies rencontres musicales derrière lui. D’abord avec le respectable label Talitres, qui veilla sur lui pendant plusieurs années, puis avec son groupe, The Atlas Mountains, avec qui il réalise trois disques : The People to Forget (2005), Her River Raves Recollections (2009) et Plaine Inondable (2010). Cette sensation de nouveauté tient sans doute au fait – certes remarquable – qu'il s'agit là de la première signature française de Domino, label comptant en ses rangs des artistes tels que Franz Ferdinand, The Kills, Arctic Monkeys...
En écoutant E Volo Love, ce choix s'explique rapidement. N’appartenant pas à la chanson française (on y parle aussi anglais), ni à une pop anglophone (le choix des mots y est bien trop important), les douze morceaux de l'album se parent de percussions chaudes et réconfortantes (ici assurées par Amaury Ranger du groupe Archipel) et s’enveloppe d’une atmosphère ouatée. Le folk, lui, est entre deux rives : celle de l’Occident et de l’Orient. « Nous marchons au bord de l’eau, la mer a bon dos, elle nous renvoie nos regards, elle nous renvoie de l’or… », chante François dans le premier morceau, « Les Plus beaux ».
Si le genre est incertain, une chose est sûre : les morceaux de François et de ses Atlas Moutains vont droit au but, tout en douceur. Même lorsque le rythme s'accélère (sur « City Kiss » ou sur « Slow Love »), l'auditeur ne se sent jamais bousculé : les accents rock restent subtils (« Muddy Heart », « Buried Treasures »), comme en apesanteur. Et lorsque François s'offre un duo avec Françoiz Breuz (« Cherchant des ponts »), il réussit à s’échapper des clichés, instaurant des paroles suspendues qui finissent par se rejoindre plutôt qu'un simple gimmick à reprendre à deux. Etrangement, le titre qui séduit le moins est le single choisi pour annoncer l’album, « La Piscine ». Ici, chaque titre est mûrement réfléchi et pourtant léger comme une plume… Seul (mais) avec tous, François habite enfin avec une certaine retenue l’un des point d’orgues de l’album, « Bail Eternel ».
Le titre de l’album, E Volo Love, est un palindrome imaginé par François Marry, inspiré par celui de Guy Debord: « in girum imus nocte et consumimur igni » (« nous tournons sur nous-mêmes dans la nuit et nous nous consumons dans le feu »). Il s'agit bien de chaleur dans cet album, une chaleur qui consume mais sans brûler cependant, offrant alors l'énergie nécessaire pour affronter la brise glaciale extérieure. C'est ce que nous apporte ce disque : cette impression que du fond de l'hiver peut se raviver l’été, ne fut-ce que l'espace d'un instant. E Volo Love vole bien les cœurs – tendres, de préférence.
Sophie Rosemont - Copyright 2012 Music Story
Description du produit
Première signature française du label Domino (Arctic Monkeys, Anna Calvi, The Kills, Franz Ferdinand,...), Fránçois & The Atlas Mountains s apprêtent à déployer leurs ailes, parés de leurs plus beaux atours, sur la vaste scène pop internationale.
Menés par Fránçois Marry, artiste aux multiples talents, originaire de Charente Maritime, FRANÇOIS & THE ATLAS MOUNTAINS, révélations du dernier Printemps de Bourges, sont lauréats du FAIR 2011 et viennent également de remporter le Prix Premières Franco ADAMI aux Francofolies de La Rochelle.
Alternant chant anglais et français, le groupe bouscule la pop hexagonale, à l image du 1er single « Piscine », grand écart entre Dominique A et ANIMAL COLLECTIVE. Se revendiquant aussi bien de JACQUES PREVERT (pour la poésie française classique) que des TALKING HEADS (pour la pop aventureuse), le quatuor visite de nouveaux territoires musicaux et n écoute que son instinct créatif.