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5.0 étoiles sur 5
Une étude merveilleusement documentée, 13 septembre 2007
L'auteur, spécialiste des Lumières, s'appuie sur une copieuse base bibliographique et sur une quantité de sources phénoménale -comme les 51 tomes de la correspondance de Voltaire, qu'il semble maîtriser en virtuose- pour reconstituer la personnalité effrayante du sire Arouet.
Haineux d'une haine tenace, vindicatif, on le découvre, dans ses propres mots, à chaque page en train de pester contre l'humanité entière, contre les femmes, les peuple, les prêtres, les catholiques, les musulmans, les juifs, les noirs, les turcs...
Et cette haine n'est pas faite que de mots : on le voit s'acharner sur La Beaumelle, Fréron, et tant d'autres, année après année, jusqu'à les détruire à grand renfort calomnies, par ses relations aristocratiques, et à coup de lettres de cachets -alors qu'il écrit en même temps "l'Ingénu"- pour deux phrases critiques prononcées à son égard des lustres auparavant. La Bastille, Bicêtre, rien n'est trop dur pour ses adversaires de plume, "ces limasses qu'il faut écraser", "ces crapauds à assomer dans la boue", "ces scorpions", "cette chiasse" etc.
De même, pour bloquer les libelles moqueurs lors de son entrée à l'académie, il fait perquisitionner tous les libraires de Paris par la police, embastiller des commerçants et ruiner des familles entières, avec une telle fureur qu'il en dégoûte ses admirateurs.
Plus loin, on le voit écrire à son chargé d'affaire pour s'enquérir de la pénurie d'esclave et de ses répercussions sur le cours du sucre, une question si importante pour lui qui "aime tant manger sa compote bien sucrée", avoue-t-il. Exactement au même moment, il donne vie au brave "nègre" de Candide.
Car la haine dévorante de Voltaire est cynique, au point d'en glacer le sang. Ce que démontre X. Martin, c'est qu'elle est loin d'être un aspect secondaire de sa personnalité, mais au contraire un moteur, qu'il partage d'ailleurs avec nombre des philosophes. Elle résonne chez lui comme un horrible ricannement à chaque page qu'il écrit. Au terme de cette étude, encore tout étourdi de tant de violence fardée, la gigantesque interrogation demeure : pourquoi tant de spécialistes ont-ils tu cette haine pourtant si incoutournable ? Pourquoi et à quels desseins l'ont-il occultée, censurée, expurgée ?
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10 internautes sur 12 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Passionnant et éclairant, 19 août 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Voltaire méconnu - Aspects cachés de l'humanisme des lumières (Broché)
Voici enfin un ouvrage qui remet les pendules à l'heure' Evidemment, pas politiquement correct, mais indispensable.
L'esprit des Lumières, dont on nous rebat les oreilles depuis au moins le lycée, est ici analysé, scruté et révélé pour ce qu'il est: une profonde intolérance... dont nous souffrons encore aujourd'hui.
Archétype de cet esprit: Voltaire.
Etayant son propos de multiples références incontestables, l'auteur nous dévoile un homme qui, s'il était brillant, était aussi un monstre: orgueil, méchanceté, haine, mépris de la terre entière, violence, mensonge, trahison, parjure, etc. Tout était bon à ce Voltaire pourvu que cela soit au service de son égoïsme.
Chaque chapitre en apporte des preuves si nombreuses que le doute disparaît.
Merci Monsieur Morin.
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4 internautes sur 14 ont trouvé ce commentaire utile
2.0 étoiles sur 5
Une diatribe manquée, 21 septembre 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Voltaire méconnu - Aspects cachés de l'humanisme des lumières (Broché)
Que l'homme Voltaire n'ait pas toujours été à la hauteur de sa philosophie est chose connue des lecteurs avisés. Xavier Martin le répète avec une passion et une « espèce de rage sainte » qui impressionneraient si ce n'était des innombrables et lassantes répétitions. N'est pas Joseph de Maistre qui veut. L'intensité de la révulsion que lui inspire le philosophe de Ferney en dit plus sur ses orientations politiques personnelles que sur la prétendue dépravation de sa cible. Il est dommage que l'admirable érudition de l'auteur soit gâchée par une hargne telle qu'elle le fait verser dans l'anachronisme, péché capital de l'historien. Il condamne Voltaire sans tenir compte du niveau de langage ni du fonctionnement de la société de son temps. Une mise en contexte et un ton serein auraient rendu l'ouvrage plus plausible.
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