Un incurable romantique. C’est ce qu’attend de Marc Lavoine son public, sensible à sa voix à peine voilée, son timbre néanmoins viril, et ses chansons d’amour. L’âge venant, il se mue petit à petit en une sorte d’héritier direct d’un Michel Delpech, avec ce talent pour mettre en vibration intime les amours perdues et les illusions itou.
« Reviens mon amour », avec ses couplets parlés, est une quintessence de ce discours d’homme mature, un rien désabusé, mais dont on sent bien qu’il replongera dans une affaire dès que se pointera le moindre frisson de tulle révélant une accorte personne. Musicalement, les couleurs sont automnales, assorties à la saison qu’annonce ce dixième album du chanteur comédien. Arpèges de guitares acoustiques, violons en nappes dans le fond, rythmiques à peine suggérées...
On est là dans la variété, au sens noble du terme. Le propos n’est pas de surprendre par des instrumentations aventureuses ; la mélodie de voix est primordiale, et sa mise en avant sert de programme unique. La prise de risque n’est pas de mise, comme si le chanteur se satisfaisait aujourd’hui d’un statut établi auprès d’un public dédié, oubliant dans ce petit confort douillet les temps où il cherchait et réussissait des tubes cross-over. Deux escapades people, néanmoins.
« La Grande amour », un duo avec Valérie Lemercier, dont on sait qu’elle n’aime rien tant que ces ballades tout cœur dehors. Celle-ci est d’une lente progression, poussée mollement par un orgue sixties et un pont siffloté. L’autre chanson qui va faire parler est
« Quand je suis seul », composé par son ami Lucien Gainsbourg, fils tardif et adulé du maître et de Bambou, qui trouve là sa première occasion de se révéler au grand public, en une chanson d’atmosphère qui doit beaucoup à une écoute approfondie d’Air et autres raviveurs de mémoires. Dans
« Les Dunes blanches », à la basse à peine plus appuyée, comme sur
« Les Rêves américains », il nous refait le coup des vers chuchotés, surjouant le coup de la séduction de son organe gonflé de testostérone de bon aloi. Vraiment,
Volume 10 est un joli disque de flemmard doué, doux comme un coussin familier. Un peu usé.
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