Cet album est né avec le millénaire, il est à la fois l'achèvement de la musique noire des dernières décennies et l'ouverture vers les nouvelles musiques.
Profondément soul (Marvin Gaye est à chaque coin de chansons), l'album tire vers le R'n'B (qu'il inspire aussi), en passant par des extraits reggae (pour le côté Voodoo), profondément pop (mais version Lauryn Hill), franchement hip hop (voir la présence jouissive de ?uestlove des Roots ou Method Man du Wu Tang Clan), très funk (mais pas version James Brown, plutôt Sly et sa famille complètement Stone, ou la douceur de Curtis Mayfield).
L'album a ouvert des pistes en lançant le mouvement nu-soul et en étant un hymne sexuel grandiose, rarement chanteur est allé aussi loin dans l'intimité de l'auditeur (il faut remonter au Let's get it on de Marvin Gaye ou au jeu de guitare de Hendrix, lui aussi Voodoo Child).
Pour les derniers dubitatifs qui croient tomber sur un énième album de lover plus saoul que soul, écoutez les versions live, cela vous donnera une parfaite introduction: sensuel, énervé, le live est une incarnation parfaite de cet album unique.
Depuis sa sortie, aucun album de soul n'a égalé ne serait-ce que la première mesure de l'album, et en bon auditeur assidu, on écoute encore et encore cet album dont on finit par douter qu'il aura un jour une suite.